Déchets et ordures : Une hausse de près de 40% aux premiers jours du Ramadhan

Le ministère de l’Environnement a lancé, mardi, un appel où il invite les citoyens à éviter la consommation excessive de produits alimentaires et le dépôt anarchique des ordures.

Pour le directeur général de l’Agence nationale des déchets (AND), «durant le mois de Ramadhan, on constate une augmentation significative en matière de production de déchets ménagers». Karim Ouamane évoque, entre autres ,les déchets d’emballage qui posent un véritable problème en matière de dépôt, de collecte et de transport. «Ils représentent un volume excédentaire à considérer tout au long de la chaîne de gestion», fait-il remarquer. En plus de l’appel à la modération dans les achats, Ouamane recommande que les outils de planification et de gestion, dont le schéma directeur communal de gestion des déchets ménagers, intègrent ces productions exceptionnelles. L’établissement de nettoiement et de collecte des ordures ménagères Netcom enregistre, en général, durant les 10 premiers jours de Ramadhan, un ramassage de quelque 20.000 tonnes de déchets, dont 7 tonnes de pain, soit une hausse de 30 à 40%
Netcom met en avant les mesures prises pour améliorer la gestion de la collecte des déchets et le nettoiement de la chaussée et autres voies publiques de résidus organiques qui se dégradent rapidement, occasionnant des odeurs nauséabondes. Netcom a déployé ces dernières années beaucoup d’efforts pour ancrer la culture du tri des déchets, notamment dans les quartiers et cités.
Quant  à son  programme de ramassage des déchets, des tournées quotidiennes sont prévues pour maîtriser la situation surtout aux abords des marchés, très fréquentés. Interrogé sur le comportement de certains, le sociologue Rami Djeddou déplore que «le Ramadhan, mois d’abstinence et de transcendance, soit devenu celui de la surconsommation et du gaspillage». «Dans la quasi-totalité des pays musulmans, le mois rime depuis toujours avec une hausse considérable des dépenses.» «Ce genre de comportement exagéré doit être pénalisé», assène-t-il D’un  point de vue religieux, le jeûne doit être un acte dont le but est d’obtenir la satisfaction de Dieu, souligne Omar Yahia, responsable de l’enseignement coranique à la nouvelle mosquée  d’Alger. Pour lui, le jeûne ne doit pas être entaché par la surconsommation ou le gaspillage, faisant référence à un verset coranique.
Samira Sidhoum