Ramadhan : Réouverture des restaurants de la rahma

Les restaurants de la rahma ont été rouverts cette année, au premier jour du mois sacré. Un protocole sanitaire des plus rigoureux est imposé, du fait de la persistance de la pandémie.

Après avoir dérogé l’année précédente au rituel «ramadanesque», le mouvement associatif et les bienfaiteurs particuliers ont été autorisés à ouvrir des restaurants de la rahma, dans plusieurs communes de la wilaya d’Alger et du pays. Rien que dans celle d’Alger-centre, l’on compte 9 structures, pouvant accueillir à l’heure de la rupture du jeûne près d’une centaine de personnes.
«C’est un secours pour de nombreuses familles nécessiteuses, frappées de plein fouet par la crise économique, pour les personnes de passage et les sans-abri», s’est exprimé avec soulagement le jeune bénévole Hamza Aïnouche, directeur du bureau d’Alger de l’association caritative Afaal El Kheir. Après avoir mené plusieurs actions de solidarité en direction des familles démunies, pour le mois de Ramadhan et de soutien en direction des familles affectées par les mesures de prévention et de lutte contre l’épidémie du coronavirus, l’association installe ses tables dans quatre communes de la capitale, à savoir Draria, Bordj El Kiffan, AïnBenian et les Eucalyptus, ainsi qu’à la Casbah, qui offre uniquement le repas du s’hour. Un menu des plus variés sera confectionné quotidiennement, pour assurer un certain bien-être aux nécessiteux. Une initiative qui intervient dans une conjoncture assez particulière, marquée par la crise sanitaire qui perdure et la crise économique, qui a mis à rude épreuve les secteurs économique et social. «Le tissu associatif, qui compte sur l’implication de ses adhérents et les bénévoles, a été grandement déstabilisé par la crise», a soutenu Aïnouche,  affirmant que «les dons qui  nous parviennent des âmes charitables ont sensiblement baissé depuis le début de la crise sanitaire». Cela n’a pas, pour autant, empêché le mouvement associatif de perpétuer cette action citoyenne bien ancrée dans la société. De l’avis de notre interlocuteur, les aides financières vont augmenter au cours de la deuxième semaine du mois de Ramadhan, pour permettre aux nombreuses associations mobilisés d’accomplir leurs actions. Il sied de préciser, dans ce sillage, que certaines associations n’ont pas encore obtenu d’autorisation d’ouverture de restaurants, à l’exemple de Mefteh El Kheir de Tipasa. La demande a été déposée aux services de la daïra, et sera tranchée par la wilaya. Contrairement aux années où le ministère de la Solidarité gérait cette activité, cette année, elle est organisée par la wilaya. Par ailleurs, Aïnouche a indiqué que cette année «le nombre de personnes accueillies sera restreint, en raison des mesures préventives prises par la wilaya d’Alger en coordination avec les autorités sanitaires, afin d’éviter une deuxième vague de contaminations». Il a précisé, à ce propos, que les mesures de distanciation sont vigoureusement respectées.
Samira Azzegag