Des cas de la brucellose à Batna : La situation maitrisée, selon le directeur des services agricoles

Des cas de brucellose, appelée aussi fièvre de Malte ou mélitococcie, sont apparus récemment dans la commune d’Arris (wilaya de Batna). 31 personnes ont été infectées par cette épidémie. Auparavant, un foyer de la maladie, qui a touché 119 chèvres, a été découvert.

Contacté par nos soins, le nouveau directeur des services agricoles de Batna (DSA), Ali Mouadaâ, assure que «la situation est actuellement maîtrisée». Selon lui, les équipes de la DSA de Batna se sont déployées sur le terrain, en menant notamment une campagne de sensibilisation des citoyens sur la consommation de lait cru et de produits dérivés issus d’animaux contaminés.  Le Dr Boualem Chichi, président de l’Association nationale des vétérinaires, recommande d’effectuer le diagnostic qui repose, a-t-il dit, sur l’isolement de la bactérie. «Une fois le diagnostic confirmé, le traitement de la brucellose humaine repose sur l’administration d’antibiotiques spécifiques pendant plusieurs semaines, et le cas échéant, la prise en charge chirurgicale des foyers infectieux», explique-t-il.
Pour le vétérinaire Karim Farah, la prévention des contaminations professionnelles repose essentiellement sur les mesures de biosécurité et d’hygiène au travail, à l’exemple du lavage des mains, du port des gants, du masque et de lunettes. «La contamination passe par deux voies : la pasteurisation ou l’utilisation de lait cru provenant de troupeaux reconnus officiellement indemnes de brucellose», met-il en garde. Pour Sabrina Lekam, vétérinaire exerçant à Douéra, «la brucellose est une zoonose  épidémique en Algérie où elle constitue un problème de santé publique et économique». Elle évoque l’année 2019 où  à Ghardaïa, pas moins de 209 cas de brucellose humaine ont été recensés. «J’ai pris part aux côtés de mes confrères de Ghardaïa à une opération de dépistage effectuée par les services vétérinaires et suivie d’un abattage systématique des animaux infestés», indique-t-elle. De nombreux praticiens estiment qu’il faut s’attaquer en priorité au réservoir animal et renforcer la coopération entre médecins et vétérinaires dans le domaine du contrôle permanent du cheptel, des laiteries, crémeries et de l’abattage des animaux malades.
Samira Sidhoum