Sami Agli, président de la Confédération algérienne du patronat citoyen: «Le Ramadhan doit être un mois de labeur»

Le président de la Confédération algérienne du patronat citoyen (CAPC), Sami Agli, fait part de sa colère contre les partisans du moindre effort durant le Ramadhan. Pour lui la situation économique actuelle exige au contraire beaucoup de labeur et le mois sacré signifie la communion, d’entraide et surtout de travail.

 

Jeuner en temps de la Covid-19 est-ce vraiment un Ramadhan comme on le connaissait ?
Ce Ramadhan est très particulier. Il intervient avec un brin de tristesse. Beaucoup de gens ont perdu un membre ou plus de la famille à cause de la Covid-19. Il faut donc penser à toutes ces personnes qui ont perdu un de leur proche. Sinon,  comparativement à celui de l’année dernière, celui-ci s’annonce plus ou moins calme. Je pense à nos frères et amis médecins et à tous les représentants du corps médical que nous saluons pour leur mobilisation et dévouement durant cette pandémie.  Le mois sacré est un mois de communion. Nous devons nous mobiliser et redoubler d’effort pour rattraper le retard. Tout le monde sait que 2019-2020 ont été deux années de galère, très compliquées pour l’Algérie à l’instar de tous les pays du monde. J’espère que 2021 sera une année meilleure. Il faut prier pour ceux qui sont dans le besoin, pour ceux qui sont au chômage et leur apporter de l’aide et du réconfort.
Qu’est ce qui change pour vous au cours de ce mois ?
D’une manière générale, le Ramadhan ramène des changements. C’est un mois qui est attendu pendant toute l’année  et tellement spécial qu’il est  suivi par une fête de l’Aïd. Nous  essayons de vivre les choses en famille tout comme au boulot  normalement en maintenant, tant bien que mal, notre mode de vie ordinaire.
Justement qu’est ce que vous appréciez et qu’est ce qui vous importune durant ce mois ?
Autant que j’apprécie l’élan de solidarité affiché tout au long de ce mois sacré, autant je me révolte par rapport à la paresse et contre ceux qui avancent le jeûne comme justificatif  pour ne pas travailler. Le Bon Dieu ne nous a jamais dit de ne pas travailler durant le Ramadhan. Bien au contraire. C’est un mois où il faut travailler doublement. Déjà qu’on est au ralenti sur le plan économique. On est habitué à voir le rythme de travail ralentir alors que le contraire doit se produire. C’est cette inertie qui me révolte le plus. Mais aussi le gaspillage qui prend de l’ampleur durant cette période. Il faut impérativement rompre avec les pratiques d’excès qui sont intolérables. Il faut vivre normalement. Ce n’est pas plus qu’un autre mois ordinaire.
Quel est votre plat préféré et comment vous passez vos soirées ramadhanesques ?
Je  n’ai pas de préférence particulière. Comme tous les Algériens, je commence par une  chorba frik ou de la hrira ou même parfois de la soupe, pour changer, avec du bourak et ensuite je passe au deuxième plat. En soirée, je prends un dessert ou des sucreries, mais pas plus que les autres  jours ordinaires. J’essaye de ne pas trop veiller et maintenir le même rythme que d’habitude sauf qu’avec les enfants nous nous retrouvons souvent, sans le vouloir, à veiller  au-delà de 22 heures. Sinon je n’ai pas une habitude particulière. Pour moi, le mois de Ramadhan fait partie de notre religion et il nous  rappelle  à l’ordre. C’est un mois durant lequel nous devons donner plus de priorité à la religion, à la famille et intensifier la lecture du Coran sans oublier d’apporter de l’aide à autrui.
Entretien réalisé par Wassila OuldHamouda