Marché d’Aïn Benian : L’eldorado des fruits et légumes

Qualité-prix, c’est l’offre rêvée de tous les ménages dans le créneau des fruits et légumes. Très difficile à atteindre dans le marché formel mais dans le parallèle, c’est une tout autre histoire. Le plateau Aïn Benian, où sont commercialisés des produits agricoles, laitiers et de viandes rouges et blanches, illustre parfaitement cette «autre histoire».

Bien que ce marché soit informel, les produits sont de bonne qualité et cédés à des prix moins chers que ceux des marchés formels. Le poulet, par exemple, est à 280 DA/kg alors que dans le marché formel, il est à 350 DA/kg en moyenne. Vendu dans des petites fermes implantées au niveau de ce plateau, les clients choisissent eux même la volaille encore vivante avant que cette dernière ne soit égorgée et déplumée sur place. Des oies, des canards, de la dinde, des cailles, des lapins…sont élevés sur place et proposés aux clients qui se déplacent non seulement d’Alger mais d’autres wilayas environnantes. «Je viens souvent ici et j’emmène les enfants avec moi. Cela me permet d’acheter des produits sains et à des prix abordables et à mes enfants de voir de près les animaux de la ferme», confie une mère de famille. Les fermes proposent également du lait de vache et de chèvre frais à des prix compétitifs. En ce mois de Ramadan, la demande sur le petit lait «lben» a augmenté, sur le beurre également. De la viande rouge, ovine surtout, elle aussi est très demandée. Les ovins sont égorgés sur place et le prix du kg ne dépasse pas les 1.200 DA. Le foie dont les prix avoisinent les 3.000 DA/kg est vendu moins cher, à 2.500 DA/kg et à 1.000 DA celui de la chèvre et dont le goût est le même. «Il est vrai que les conditions de conservation de la viande ne sont pas aux normes. Mais comme la viande est vendue sur place et presque immédiatement, le risque de pourrissement est faible. C’est une viande de qualité et personnellement, je ne m’en suis jamais plaint», assure un habitué des lieux.
Dans le «rayon» fruits et légumes, les commerçants proposent différents produits de saison et à des prix moins élevés. Les produits issus des potagers sont les moins chers. «Je cultive tous sortes de légumes dans mon jardin et je vends les produits ici. Quand j’ai des excédents, je casse carrément les prix», indique l’un des commerçants.  Mais la plupart des marchands s’approvisionnent des marchés de gros avant d’écouler leurs marchandises dans ce plateau qui attire beaucoup de monde en ce mois de Ramadhan. Et pour cause ! Le poivron dont le prix a atteint les 180 DA est cédé à 120 DA. Idem pour les fruits. Les fraises sont à 200 DA contre 280 à 300 DA/kg dans le formel. Ici non seulement les prix sont moins chers, mais en plus, les clients sont libres de choisir par eux même les légumes. Un luxe qui n’est pas donné dans le marché formel! Les produits agricoles sont exposés sur des étalages, sous des tentes ou bien dans des camions et les clients, dont des passants, ont l’embarras du choix. D’ailleurs, ces derniers prennent leur temps avant d’acheter. Ils vérifient d’abord la qualité en s’enquérant des prix qui diffèrent parfois d’un commerçants à un autre. «Les prix restent chers, certes, la mercuriale a augmenté même avant le mois de Ramadhan. Mais ça reste moins cher qu’ailleurs et c’est ici que nous faisons notre marché», rapportent les habitués, les bras chargés. En temps normal, confient les commerçants, ces derniers sont «pourchassés» par les gendarmes dans le cadre de la lutte contre l’informel. «Mais durant le mois de Ramadhan, ils ferment les yeux et se montrent compatissants envers nous comme envers les consommateurs», concluent-ils.
Farida Belkhiri