Tipasa : Plus de cinq tonnes de pain jetées quotidiennement

Une étude statistique réalisée par l’Epic de gestion des centres d’enfouissement technique (CET) de Tipasa a révélé qu’en moyenne chaque citoyen de la wilaya, quel que soit son âge, gaspille quotidiennement, depuis le début du mois de Ramadhan, entre 60 et 90 grammes de pain.

Un ratio très élevé, si l’on se réfère aux indicateurs démographiques de la wilaya qui estiment déjà sa population en 2019 à plus de 710.000 âmes. « Durant le premier jour du mois de Ramadhan nous avons quantifié le volume du pain jeté dans les ordures et acheminé dans nos CET à 5,8 tonnes et le lendemain à 5,228 tonnes. Soit une petite diminution de près de 500 quintaux»,  révèle la responsable de la sensibilisation et de la communication au niveau de l’Epic de gestion des CET à Tipasa, Nour el Houda Djidjli. Selon elle, c’est dans les grandes villes de la wilaya qu’on enregistre les taux les plus importants du pain dans la composition des déchets. «En moyenne on trouve entre 8 et six kilogrammes de pain dans une tonne de déchets collectée»,  précise-t-elle. Malheureusement et faute de tri des déchets chez le consommateur, la quasi-totalité du pain qui parvient aux CET est irrécupérable du fait qu’il est mélangé à d’autres détritus. Une perte sèche surtout lorsque l’on sait que ce pain jeté peut être utilisé comme aliment, notamment pour la volaille et les ruminants. Mais le pain gaspillé depuis le début du mois sacré à Tipasa est plus important en quantité que ce que collecte les CET. Et pour cause, une partie non négligeable de foyers ont le reflexe de ne pas jeter le pain de la veille directement à la poubelle. Ils le rangent dans des sachets pour qu’il soit récupéré par les revendeurs de pain rassis aux éleveurs de volaille, surtout en ces moments où le prix de l’aliment a connu une augmentation sensible. «Afin d’éviter qu’on mélange le pain avec d’autres déchets, l’Epic de wilaya, qui a à sa charge la collecte des ordures à Tipasa et Fouka, a installé des bacs de couleur blanche dans tous les quartiers des deux villes pour y entreposer du pain non consommé. Le résultat est encourageant, dès lors que de plus en plus de citoyens y ont recours»,  souligne la responsable. Et d’ajouter : «Il y a lieu de signaler que les quantités de pain collectées dans le CET diminuent de jour en jour. Pour autant, il ne faut pas s’attendre à ce qu’il n’y ait plus de pain dans les poubelles, dès lors que chaque année, même en dehors du mois sacré, ce phénomène est invariablement présent». Pour faire face au gaspillage, des campagnes de sensibilisation sont menées régulièrement pas l’Epic.
Amirouche Lebbal