Une animation variée au Théâtre régional de Constantine

Le public avait cru ne jamais retrouver le chemin des salles de spectacles après une terrible année  qui a vu la pandémie de la Covid-19 peser sur l’activité culturelle qui n’avait pas eu droit de cité.

Comme toutes les villes, Constantine était vide et morose après le f’tour. La légère accalmie de ces derniers temps a permis d’entrevoir une reprise de l’animation nocturne spéciale Ramadhan. Dans la ville des ponts suspendus, de tout temps le  TRC était un des principaux pôles d’animation qui  attirait. Cette année, il ne fait pas exception même si la grande foule n’est pas encore au rendez-vous.
Le Théâtre régional de Constantine (TRC) a lancé un programme d’animation spécial Ramadhan que beaucoup s’accordent à qualifier d’assez varié. Le ton aura été donné, jeudi dernier, avec la présentation du monologue «Saber Show» de l’artiste Saber Ayache devant un public peu nombreux. Le lendemain vendredi, ce fut  la pièce du TRC «Ars Edib» réalisé par Amar Mohcene , avec le comédien vedette Antar Hellal qui était à l’affiche. Ce qu’il y a lieu de signaler est que la direction de l’établissement a élaboré un «menu» varié qui ne se limite pas au théâtre. La musique savante sera également à l’honneur avec une pléiade d’interprètes locaux excellant dans le Maalouf. On annonce ainsi le passage parmi d’autres, d’Aouabdia, Adlene Fergani, Challouk et Bounah dont les prestations sont programmées en alternance avec des pièces théâtrales de troupes régionales et nationales. «Nous avons voulu répondre à tous les goûts», indique le directeur du TRC, Ahmed Mireche. Quelques amoureux du théâtre que nous avons abordés ne cachent pas leur satisfaction. «Ce sont de  belles affiches où chacun peut trouver le genre et le style qui lui convient. Nous avons surtout besoin de détente et distraction loin des tracas journaliers», dit-on.
S’agissant du Maalouf propre à la ville, une soirée particulière est prévue, demain lundi pour rendre un hommage au Cheikh Darsouni, disparu le 20 avril 2020. Les interludes devront permettre le passage sur scène des artistes Mourad Saouli et Moufida dans deux monologues «Maquillage» et  «Tic tac Boom». Outre «Louâbat El ârch» du  Théâtre régional de Guelma) et un programme spécial enfants, les organisateurs annoncent du chant Aissaoua avec Ben Khalef, Bouchaâla, Djamil et de la chanson Chaâbi qui compte beaucoup d’adeptes dans une ville considérée comme un fief du chant andalou.
 Le film Ibn Badis à l’affiche 
Pour sa part, le Comité des activités culturelles de l’APC a tracé un programme qui fait la part belle à la présentation de huit films, dont «Les intrus», «Ibn Badis» qui seront vus pour la première fois et «Zabana» que complètent des soirées musicales de  divers styles. Avec cette profusion d’activités, il ne fait aucun doute que le public trouvera son compte. Toutefois, pour cette première semaine du mois de Ramadhan l’engouement du public  reste un peu timide. La tradition constantinoise de demeurer casanier aux premières veillées du Ramadhan reste bien ancrée. La fréquentation des salles devrait augmenter au fil des jours. De plus, les conditions météorologiques du weekend qui se sont détériorées ont quelque peu dissuadé les citoyens de braver la pluie et le froid. D’aucuns expliquent aussi la faible fréquentation par le fait que le chef-lieu s’est vidé de sa population en raison des multiples transferts accomplis vers les nouvelles villes. Le manque de transports nocturnes empêche par ailleurs  tout déplacement des «banlieusards» ver les sites d’expressions concentrés encore au centre-ville.
Nasser Hannachi