Le poulet toujours cher : Les professionnels s’expliquent

L’un des effets attendu de la décision d’exonérer  l’aliment de bétail de la TVA (taxe sur la valeur ajoutée) suite à la promulgation d’un décret exécutif est la réduction du prix de la volaille. «Ce n’est malheureusement pas le cas. Le prix du poulet reste inchangé et élevé», déplore une citoyenne rencontrée devant le marché communal Ferhat-Boussaâd (ex-Meissonier).

Des professionnels ont justifié la hausse significative des prix de la viande de poulet par  celle des prix des aliments de volaille, à l’instar du maïs et du soja. Selon Cherif Hamza, secrétaire général de l’Association nationale des éleveurs de volaille, «la crise persistera même après le mois de Ramadhan tant que les prix de l’aliment de volaille   demeurent exorbitants. Le kilogramme de soja est à 7.500 DA». De son côté, le président de l’Association de protection et orientation du consommateur et son environnement, Mustapha Zebdi, affirme que la suppression de la taxe produira son effet pour la prochaine production, car le cycle d’élevage est de 6 à 7 semaines. «80 % des aviculteurs exercent au noir, et cela signifie qu’ils n’ont pas droit à l’achat direct de l’aliment de  volaille pour faire bénéficier le consommateur de cette réduction», fait-il remarquer. Zebdi recommande de réorganiser la filiale pour sortir de ce cercle vicieux. Selon le président du Comité national des distributeurs de viandes rouges, Merouane Khir, la flambée des prix des viandes blanches «est une conséquence de l’augmentation des prix des aliments de volaille sur les marchés internationaux». «Les éleveurs, ajoute-t-il, se retrouvent aujourd’hui après la perte subie en 2020, dans l’incapacité d’acquérir les intrants destinés à la production.» Pour le président de l’Association nationale des commerçants et artisans (Anca), Hadj-Tahar Boulenouar, la hausse des prix est principalement due à celle des prix des aliments de bétail, mais aussi à la cessation d’activité par un grand nombre d’aviculteurs. A l’en croire, «les éleveurs ont lancé, depuis quelques semaines, l’élevage de  poussins qui permettra une production de 40.000 tonnes de viande blanche durant le mois de Ramadhan». Le PDG de l’Office national des aliments du bétail et de l’élevage avicole (ONAB) ne s’alarme pas.  Mohamed Batraoui assure que la production de la  filière avicole durant le mois de Ramadhan a atteint quelque 60.000 tonnes et le stock actuel est  de 10.000 tonnes alors que 50.000 tonnes des producteurs privés sont attendues dans le circuit. «Ces quantités sont, proclame-t-il, suffisantes pour couvrir la demande à des prix raisonnables.»
Samira Sidhoum