Annulation de la saison omra : 76% des agences de voyages ne pourront pas rembourser leurs clients

Le tourisme est parmi les secteurs touchés de plein fouet par la crise de la Covid-19. Selon un sondage mené au mois de février dernier par l’Association nationale des agences de voyages (ANAV), toutes les agences sont menacées de fermeture, et certaines ont déjà mis la clé sous le paillasson.

 L’annonce a été faite par son président, Mohamed Berredjem, ce samedi, lors du premier symposium sur les sciences au service du tourisme et du voyage, co-organisé par l’ANAV et l’Ecole nationale supérieure du tourisme.  L’enquête  a touché les agences spécialisées dans l’organisation de la omra, au nombre de 104, de 28 wilayas, sur les 765 agences agréées. Les participants à cette enquête ont élaboré un certain nombre de propositions qui seront soumises, aujourd’hui, au directeur de l’Office national de Hadj et omra (ONHO). Le premier point, selon le président, est l’octroi de crédits sans intérêts pour leur permettre de redémarrer l’activité, payer leurs salariés et autres charges. Il a cité, aussi, l’exonération fiscale et l’annulation des cotisations annuelles à la Cnas et Casnos pour 2020 et 2021. Les agences de voyages souhaitent pouvoir ouvrir des bureaux de change et demandent aux pouvoirs publics d’accorder des autorisations à un plus grand nombre d’agences pour participer à l’organisation de la saison du hadj.  Berredjem a exhorté les responsables du secteur à aider ces agences afin de récupérer leur argent auprès de différentes compagnies aériennes et l’Office national du hadj et de la omra suite à l’annulation de la saison omra après la fermeture des frontières. «Aujourd’hui, ceux qui ont payé une partie des frais de la omra réclament leur argent, mais vu leur situation financière délicate, 76% d’entre elles sont dans l’incapacité de rembourser leurs clients, puisque leur argent se trouve soit chez les compagnies saoudiennes, avec plus de 4 millions riyals saoudiens, ou chez  Air Algérie, près de 156 millions de dinars, et une somme moins importante chez l’ONHO», a-t-il dit.   Et d’ajouter : «Nous traversons une période très difficile et sans l’intervention de l’Etat, nous ne pourrons pas rembourser nos clients.»  Les différents intervenants ont lancé un appel aux autorités pour prendre en compte dans les plus brefs délais les préoccupations du secteur.
Abordant le volet tourisme et sa contribution au  développement économique du pays, Massil Toubal, gérant de l’agence de voyages et de tourisme Cianita Voyage, domiciliée à Tizi Ouzou, a appelé à l’exploitation optimale de toutes les potentialités dont le pays dispose, au développement d’un modèle spécifique à l’Algérie qu’il faut imposer parmi les premières destinations, notamment au niveau méditerranéen. Pour que le tourisme devienne un secteur économique à part entière, plusieurs défis sont à relever, à savoir la mise en place d’une véritable stratégie de développement universellement reconnue et des principes de développement durable en s’appuyant sur des méthodes scientifiques dans la réalisation des études de marché. Dans son allocution d’ouverture, le directeur général du tourisme au ministère du Tourisme, de l’Artisanat et du Travail familial, Moussa Bentamer, a mis l’accent sur l’importance de passer vers la professionnalisation du secteur du tourisme. Pour lui, le temps est venu d’associer les experts du domaine et d’investir beaucoup dans la formation du personnel. Il a rappelé que dans son programme,  le président de la République a accordé une place importance au secteur.
Samira Belabed