Gréve à Algérie Poste : Le bras de fer continue, les usagers exaspérés

 

«Près de 70% des travailleurs d’Algérie Poste sont en grève pour le cinquième jour consécutif et le nombre de ceux qui ont rejoint les rangs des contestataires a augmenté après les menaces de licenciement proférées par la direction générale», a confié, ce samedi, le président du Syndicat autonome des postiers (SNAP), Tarek Amer Khodja.

Malgré le versement de la première tranche de la prime d’intéressement, les postiers n’en démordent pas et le bras de fer se poursuit. Amer Khodja, qui parle de «ras-le-bol», dénonce la direction générale qui menace les grévistes de licenciement alors que l’une des revendications, rappelle-t-il, est la réintégration des travailleurs licenciés. Selon lui, la majorité des travailleurs de la poste sont en grève. Les seuls qui travaillent sont les employés sous contrat. Notre interlocuteur exhorte la tutelle à ouvrir le dialogue. «La direction générale ne veut pas admettre l’existence d’un syndicat autonome. J’espère que nous pourrons rapidement trouver un terrain d’entente pour ne pas accabler le citoyen», dit-il. Devant les bureaux de poste, de longues files d’attente se sont formées, et les citoyens ne cachent pas leur colère. Certains étaient venus très tôt croyant pouvoir bénéficier du service minimum. Au bureau de poste de Belouizdad, la file s’étirait sur des dizaines de mètres. Certains ont même apporté des tabourets. «Je viens depuis deux jours, mais toujours en retard. Aujourd’hui, je suis venu tôt pour espérer retirer un peu d’argent», confie Azzedine, un sexagénaire. «On parle d’entraide et de fraternité durant le Ramadhan. Comment nos frères, nos fils et nos filles, peuvent nous faire ça alors que nous sommes en plein mois sacré ? C’est injuste», s’écrie t-il. Pour Nadjia, dans la même file, l’attente est une perte de temps. «Je suis venue jeudi dernier. Le service minimum était assuré le matin. L’après-midi, ils nous ont dit que le serveur de l’ordinateur a planté et ils ont fermé le bureau de poste», raconte-t-elle. La dame est visiblement  contrariée. «Les distributeurs sont vides. S’ils ne veulent pas travailler, au moins qu’ils nous laissent retirer notre argent», s’emporte-t-elle. Et de lancer : «C’est du sabotage pur et simple.» A en croire un  employé de guichet au bureau de poste de Lahcen Mimouni, à Sidi M’hamed, les promesses de la tutelle remontent à 2013. «Nous n’avons pas perçu nos primes (PRC et PRI, ndlr) depuis des années sans parler du 13e mois, alors que nous travaillons sans relâche sept jours sur sept», affirme-t-il. Pour lui, «la résignation n’a plus cours. La direction devra tenir compte de nos problèmes».
Walid Souahi