Zouhor Assia Boutaleb, SG de la Fondation Emir Abdelkader : «La pression de la Covid-19 est moins pesante»

Dans cet entretien la secrétaire générale de la Fondation Emir Abdelkader, Mme Zouhor Assia Boutaleb, estime que les gens retrouvent peu à peu les reflexe des Ramadhan d’antan et sont moins stressés. Toutefois elle regrette l’annulation des programmes culturels qui faisaient le charme des soirées ramadhanesques.

 
Jeûner en temps de la Covid-19 est-ce vraiment un Ramadhan comme on le connaissait ?
La Covid-19 a chamboulé nos vies. L’année 2020 a été la plus difficile à tous les niveaux, notamment durant le Ramadhan. La fermeture des mosquées, l’interdiction de l’ouverture des restaurants Rahma avaient impacté les personnes démunies et en difficulté, mais également les familles charitables qui auraient voulu offrir des repas et exprimer leur solidarité et partager ce qu’Allah leur à donner. Je pense toutefois que cette année, il y a moins de stress et les gens ont dépassé le stade de la panique. Je suppose que nous sommes plus sereins et le jeûne se passera dans de bonnes conditions. Durant ce Ramadhan, nous pouvons inviter nos proches et amis pour de longues soirées conviviales. En 2020, mes petits-enfants me manquaient terriblement, mais là nous pouvons nous voir. Il est important de noter que le respect des mesures préventives est toujours d’actualité pour justement maintenir cette phase de stabilisation de la situation épidémiologique pour notre bien à tous. La pandémie a pris des gens que nous aimions. J’espère que ce cauchemar prendra fin pour bientôt.
Qu’est-ce qui a changé pour vous à la maison et dehors ?
A la maison, ma famille et moi essayons de mener une vie normale sans les contraintes induites par la pandémie. Il est certes obligatoire de veiller à l’hygiène  et la propreté, mais pas au point d’en devenir une obsession. Par contre, ce qui me chagrine le plus, c’est l’impossibilité de passer une soirée dehors, en plein air. C’est vraiment dommage en ces belles nuits de printemps. Sincèrement, j’ai perdu la notion des saisons. L’annulation des programmes culturels et les spectacles m’a personnellement très affectée. Durant les Ramadhan précédents nous sortions après l’Iftar et les Taraouih, pour voir une pièce de théâtre, un concert de musique, ou juste prendre une glace sur une terrasse à Alger. Nous partions aussi faire une balade sur le bord de mer. Tout cela est impossible avec les horaires de confinement.
La Fondation Emir Abdelkader a sûrement un programme spécial Ramadhan. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Absolument. Nous prévoyons conjointement avec l’Association Nass El Khir de distribuer 5.000 repas aux personnes vulnérables dont les sans-abri. Depuis des mois déjà, des bienfaiteurs s’attellent à faire des dons de toute nature pour contribuer à réaliser notre objectif. En 2019, nous avons édifié un grand chapiteau où sont venus à l’heure de l’iftar des centaines de jeûneurs. C’était vraiment une réussite. En plus des repas servis, des portes-manger ont été préparés pour certaines familles qui venaient les récupérer. Pour les volontaires, ils se sont investis corps et âme pour nourrir des gens, dont chacun à ses propres problèmes. Cette année, les mesures de prévention seront au cœur de nos actions afin d’éviter la propagation du coronavirus, surtout avec l’apparition de nouvelles souches virulentes. Pour les actions de la fondation à l’étranger sont pour l’instant reportées ou annulées.
Entretien réalisé par Karima Dehiles