Nomination d’Ahmed Rachedi comme conseiller du président de la République, une bouffée d’oxygène pour la culture

La nomination, par le président de la République, du réalisateur Ahmed Rachedi au poste de  conseiller chargé de la culture et de l’audiovisuel a suscité de nombreuses réactions.                                                                      
Pour Fayçal Chibani, journaliste à l’ENTV et féru de cinéma, «la nomination, une sage décision qui intervient au bon moment, va donner ses fruits à long terme en raison de l’expérience et du statut de l’homme qui a occupé  des postes importants  notamment celui de directeur de l’Office national du commerce et de l’industrie cinématographique où il avait beaucoup apporté  à la production et eut l’intelligence et  l’audace d’ouvrir les grandes portes aux réalisateurs étrangers comme  Chahine et  Costa Gavras», dit-il. «Rachedi possède une vision futuriste en raison de son savoir-faire et de sa présence sur le terrain depuis des années». Chibani proclame  que ce grand réalisateur peut apporter du nouveau à la réalisation de l’Ecole supérieure du cinéma. «L’Algérie souffre de  l’absence de techniciens spécialisés et de professionnels dans le domaine de la formation, de l’actorat et des aspects techniques », rappelle t-il.                                                                                                                           Sofiane Dahmani, scénariste, relève qu’un grand nom comme Rachedi est une bouffée d’oxygène pour le secteur qui a plongé dans le marasme. «La culture  algérienne a été longtemps marginalisée et n’a jamais été estimée à sa juste valeur», regrette notre interlocuteur. «Rachedi est l’homme qu’il faut dans le poste qu’il faut», assène t-il. «C’est un homme de terrain  dont on attend beaucoup», renchérit-il. Son vœu est de voir «Rachedi, un grand nom qui incarne l’expérience, reprendre son projet de renforcement de la formation cinématographique et de mise en place de studios de tournage».                               Le critique de cinéma Mohamed Allal qualifie, sur sa page facebook, la nomination «d’aubaine  pour le  cinéma algérien et de  bienvenue». «Rachedi est un homme qui évolue, prend de l’âge sans vieillir. C’est surtout un homme qui renouvelle et varie  ses idées tout en connaissant les arcanes de  la production locale», note-t-il. «Il est possible que certains n’aiment pas ses films, mais il jouit d’un grand respect en raison de son poids et de son influence dans le monde arabe», ajoute-t-il. Pour Allal, l’Algérie a besoin de ses opinions éclairées. Selon lui, «sa responsabilité est lourde, sa mission difficile car il va affronter une  bureaucratie tentaculaire dans un contexte de  crise». «Mais je pense qu’il possède les clefs pour résoudre et lever certaines entraves avec l’appui des autorités qui devront le laisser travailler», conclut-il.
Rym Harhoura