Covid-19 : Les professionnels de la santé tirent la sonnette d’alarme

Depuis une semaine, les indicateurs de la pandémie liée à la Covid-19 repartent à la hausse après plusieurs mois d’accalmie. Ce constat s’explique par le relâchement dans le comportement des citoyens, en dépit des mises en garde des spécialistes.

Après trois mois de stabilisation, la circulation du virus a augmenté, et plus de150 cas sont enregistrés par jour. Le Dr Abedelhamid Laouar, président de la Société algérienne de formation continue en cancérologie (SAFCC), met en garde : «Nous sommes à la fin de la deuxième vague, mais à  ce rythme-là, nous sommes pas à l’abri d’une troisième.» Le plus inquiétant est, selon lui, le nombre de personnes contaminées aux variants  britannique et nigérian, connus pour leur contagiosité et leur virulence, même sur les sujets jeunes.  «L’important relâchement observé favorisera la circulation active du virus dans les jours à venir, si des mesures strictes ne sont pas appliquées dans l’immédiat», lâche-t-il.
«Le variant britannique provoque des cas sévères chez les jeunes, voire des décès, et la propagation de l’infection chez cette catégorie active peut générer une situation épidémiologique des plus délicates», explique le praticien. Pour se prémunir contre une troisième vague et au regard de la faible couverture vaccinale, il  recommande de «respecter  scrupuleusement les mesures barrières, lancer une nouvelle campagne de sensibilisation sur  l’obligation du port du masque, le respect de la distanciation physique, particulièrement dans les endroits où il y a une forte promiscuité, à l’exemple des marchés et des transports en commun, où le contrôle doit être de vigueur».
Evoquant la difficulté de faire respecter les mesures sanitaires, le médecin préconise l’intervention des forces de l’ordre.
Un faux sentiment de sécurité
Egalement président du Syndicat national des médecins généralistes (SNMG), le Dr Laouar a remis en question la récente étude scientifique publiée en Algérie, faisant état d’une «immunité collective à hauteur de 70%». Il recommande de ne pas tirer des conclusions hâtives, car cela donnerait un faux sentiment de sécurité au citoyen, dont résultera une circulation plus rapide importante. «Pour pouvoir prétendre à l’immunité collective, explicite-t-il, il faut un niveau élevé de circulation du virus et de contamination des personnes.» Selon lui, «la vigilance doit être de mise, la vaccination plus que recommandée et les mesures barrières obligatoires».
Abondant dans ce sens, le Dr Bekkat, membre du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie, avance que l’immunité collective passe par une campagne de vaccination élargie. Toutefois, face à l’indisponibilité du vaccin, il insiste, lui aussi, sur le respect du protocole sanitaire. «C’est grâce à ces mesures et à la  fermeture des frontières que nous sommes arrivés à gérer la première vague et le début de la seconde», souligne-t-il.
Le  Dr Yousfi, président de la Société algérienne d’infectiologie (SAI), rappelle, avec insistance, que «les mesures barrières restent la solution, en attendant la réception de quantités suffisantes de vaccins». Et de dénoncer vivement le manque de vigilance observé chez la majorité des citoyens et regretter l’absence dans les lieux publics. «L’épidémie est encore là, maintenez les mesures barrières», lance-t-il à l’adresse des citoyens.
Samira Azzegag