Constantine : Le marché flambe, les ménages groggy

La mercuriale brûle à Constantine. Les ménages ont été saisis de grande stupéfaction avec l’envolée des prix ayant marqué les marchés pendant le weekend.

«On a jamais vu une telle frénésie dans les produits de large consommation lors du ramadhan», s’insurge une femme devant les étals des légumes dans un souk au chef-lieu de wilaya. Au cours d’une virée dans quelques espaces de vente au centre-ville et en banlieue, histoire de prendre le pouls de la mercuriale, les dinars en plus malmènent les fruits, légumes et viandes. La Tomate est cédée à 180 DA, le poulet à 395 DA/kg, les courgettes à 160 DA, la pomme de terre à 90 DA. La liste des produits de consommation est longue pour des ménages qui ne savent plus où donner de la tête pour gérer cette situation pour le moins inédite. Quant aux viandes rouges, elles restent quasi intouchables pour les bourses vulnérables et moyennes. L’agneau et le bœuf demeurent hors de prix avec 1.700 DA le kilogramme. La ritournelle refait surface comme à chaque pareille occasion. Les services du commerce imputent cette cherté à l’éternelle équation de l’offre et de la demande qui caractérise le marché en période de jeûne. Cela étant une fuite en avant pour certains consommateurs. Si les marchés du centre-ville restent intouchables, d’autres alternatives tentées dans les étalages informels, aux abords des chaussées improvisés aux alentours de Sissaoui, l’université III, Dejebel Ouahch, la cité Meziane…, demeurent identiques. Le consommateur pourra y épargner juste quelques sous. Car ces marchands à ciel ouvert se sont rangés dans la même politique de vente. Mois de piété et de la rahma, le Ramadhan 2021 aura été amorcé avec une surenchère qui a déplumé les citoyens. Pis, l’huile de table reste introuvable dans les commerces malgré les garanties formulées par les responsables locaux et les gestionnaires du commerce quant à la disponibilité en quantités suffisantes de ce produit dans les divers dépôts de la ville. La rationalisation dans l’approvisionnement a certes influé sur sa rareté, et la régulation de sa distribution et le contrôle assidu dans sa traçabilité ont eu raison de cette pénurie, selon certains consommateurs. In fine, après presque une semaine de jeûne, la mercuriale poursuit sa flambée. Alors que de tradition seuls les premiers jours du Ramadhan enregistrent des augmentations en raison de la forte demande observée dans les marchés tous azimuts. Une irrégularité plane et les alibis avancés jusqu’ici par les divers responsables  ne pourront payer cette lourde facture ramadhanesque.
Nasser Hannachi