La proximité et l’utilité

«La maison de la radio» fait désormais partie du paysage de toutes les villes algériennes. On vous l’indique souvent facilement quand elle ne sert pas de repère pour s’orienter. Qu’on soit à Tamanrasset, Oum El Bouaghi à Chlef ou El Oued, dans les foyers ou les taxis, on écoute davantage la station locale. Il y a, avant tout, ce lien de proximité directe qui fait que celle-ci diffuse des informations concernant ce qui se passe dans  la région, une localité, voire dans des quartiers. La dernière fois, on a entendu même des avis de décès sur Tiaret FM. Les invités, responsables de services publics locaux (Sonelgaz, eau, santé),des élus qui sont l’incarnation directe de l’autorité apportent des explications sur des préoccupations liées à la vie quotidienne de l’auditeur qui prend connaissance d’événements futiles pour qui habite loin mais  utiles pour lui. Dés émissions traitent de thèmes qui peuvent avoir des incidences directes sur le vécu quotidien, qu’elles soient consacrées à la crise sanitaire, à une foire agricole, une manifestation culturelle ou aux prix sur les marchés. Depuis l’ouverture en Avril 1991 de la première radio locale à Béchar, le réseau s’est étoffé et a étendu ses ramifications. Dans un pays aussi vaste que l’Algérie, il était  impossible pour les médias nationaux de refléter toutes les attentes, de se faire le porte-voix des citoyens qui cherchent toujours à se faire entendre et à comprendre. Une information qui intéresse ou une voix qui plaît à Sétif ne susciteront pas le même intérêt à Laghouat. On peut toujours déplorer que les autorités locales aient la part belle dans les programmes au point que parfois l’on éprouve cette impression que ces médias se font seulement le relais des actions de l’administration. Il y a aussi cette désagréable impression qu’il est difficile de faire la différence entre chaînes nationales et locales. Le charme des accents locaux est souvent gommé sauf dans les appels des auditeurs. Des médecins, des imams éprouvent toujours des difficultés à parler dans un langage qui ne soit pas scolaire quand il ne s’apparente pas à la langue de bois. On ne fait  pas vite la différence entre  Radio Tlemcen et Radio Guelma. Cela ne saurait occulter les bienfaits et les avantages de ces radios. Elles peuvent faire connaître des produits locaux, le travail d’associations, etc. Au hasard de l’écoute, on capte Radio Biskra qui aligne des avis concernant des opérations de préservation de la santé publique ou l’organisation d’un concours. Le côté pratique et utile est indéniable. Cela n’est pas peu.
H. Rachid