SEAAL : Vers la non-reconduction du contrat avec le partenaire français Suez

«Le partenaire français a failli à ses engagements, notamment dans le cadre de son troisième contrat, puisqu’il n’y a pas eu d’efforts en matière de lutte contre les fuites», a déploré Mihoubi, qui s’exprimait sur les ondes de la Radio Chaîne III.

Le contrat avec le partenaire français assurant la gestion déléguée de l’eau dans les villes d’Alger et de Tipasa à travers la Société des eaux et de l’assainissement d’Alger (Seaal), qui arrive à terme en août prochain, pourrait ne pas être reconduit en raison des «irrégularités» constatées dans son application, a indiqué, ce lundi à Alger, le ministre des Ressources en eau, Mustapha Kamel Mihoubi.
«Le partenaire français a failli à ses engagements, notamment dans le cadre de son troisième contrat, puisqu’il n’y a pas eu d’efforts en matière de lutte contre les fuites», a déploré Mihoubi, qui s’exprimait sur les ondes de la Radio Chaîne III. «C’est le maillon faible de la Seaal. Cette dernière n’a pas mis en place des moyens modernes pour la lutte contre les fuites et ce problème n’a pas été examiné dans le contrat de la gestion déléguée de l’eau dans les villes d’Alger et Tipasa», a-t-il précisé. Selon lui, le contrat avec le partenaire français, qui arrive à terme en août prochain, pourrait «ne pas être reconduit en raison des irrégularités» constatées dans son application. «Le contrat est en vigueur et les engagements doivent être respectés, nous verrons à la fin du contrat s’il sera reconduit ou pas. Mais je pense que pour le contrat III, il y a eu des irrégularités en matière de gestion et la Seaal a géré quand la ressource a été abondante mais dans le contexte actuel de déficit, il y a un effort supplémentaire à faire», a-t-il expliqué.
Sur les fuites d’eau, Mihoubi a indiqué que le taux tourne autour de 40% à 45%, ce qui est énorme puisque la moyenne mondiale est entre 18 et 20%. Selon lui, des travaux ont été déjà lancés dans plusieurs régions du pays pour réduire ce phénomène. Pour lui, l’éradication de ce problème exige également des moyens matériels très importants en équipant tous les systèmes de la télémétrie télégestion. Ce procédé est déjà installé dans dix wilayas et sera généralisé, ce qui permettra de cerner ce problème et d’arriver à des taux raisonnables.
Détenue respectivement par l’Algérienne des eaux (70%), l’Office national de l’assainissement (30%), la Seaal est gérée par le groupe international Suez depuis sa création, en 2006, à travers trois contrats. Le dernier a été signé en 2018 pour une durée de trois ans, et il porte sur la performance des services de l’eau et de l’assainissement d’Alger et de Tipasa et l’accompagnement des deux opérateurs nationaux (ADE et ONA) dans l’acquisition de savoir-faire métier.
S. B.