Rareté et gaspillage de l’eau : L’Etat passe à l’acte

Dans le cadre de lutte contre gaspillage de l’eau, le ministère des Ressources en eau présentera, demain, lors d’un Conseil interministériel, une charte pour l’économie de cette ressource. L’annonce a été faite, ce lundi, par le ministre des Ressources en eau, Mustapha Kamel Mihoubi.

Intervenant sur les ondes de la Radio Chaîne 3, le ministre a fait savoir que cette charte sera transmise à tous les secteurs. Le document qui sera transmis à tous les secteurs, prévoit des actions concrètes comme par exemple l’utilisation des systèmes d’irrigation de goûte à goûte par les agriculteurs, l’utilisation des robinets d’eau conforme aux normes de qualité, le recyclage de l’eau utilisée par les entreprises industrielles et l’adoption de systèmes d’économie de l’eau au niveau des universités. «Une fois que tous ces secteurs sont sensibilisés, la prochaine étape sera de passer à la répression en s’attaquant en grande partie aussi aux branchements illicites par le biais d’une police des eaux», a-t-il averti. Mihoubi a rappelé qu’actuellement la police de l’eau n’a pas un pouvoir judiciaire pour agir contre ces dépassements. «La charte prévoit plus de pouvoir et de force pour lutter contre ce fléau», a-t-il ajouté. Il a également fait savoir que la révision de la loi sur l’eau est en cours et sera soumise à différents secteurs pour enrichissement. Pour le ministre, le manque de pluviosité et la raréfaction de l’eau exigent des pouvoirs publics de mettre en place une nouvelle vision. «L’Algérie a connu un déficit en pluviosité compris entre 20 et 30% sur les trois dernières années, ce qui rend le dessalement d’eau de mer une option incontournable avec un objectif de deux milliards m3/an à l’horizon 2030», a-t-il indiqué. A titre d’exemple, les capacités de la station d’El Hamma, Alger, devraient être renforcées prochainement pour atteindre 240.000 m3/jour contre 200.000 m3/jour actuellement. Aujourd’hui, le pays compte 11 SDEM produisant 2,1 millions m3/jour, soit près de 770 millions m3/an.  Le  ministre a précisé que pour la période de septembre à avril, il a été enregistré pour la région ouest 225 millimètres (mm) de précipitations, soit -28 % comparativement à la moyenne des vingt dernières années, tandis que le Centre-Ouest a enregistré 212 mm (-42 %), 375 mm pour la région centre-est (-26 %) et 598 mm (+2 %). Sur le taux du remplissage des barrages, Mihoubi a indiqué qu’il est de 28% pour les régions ouest, 21% pour le Centre et plus de 67% pour l’Est, soit une moyenne nationale de 44%.
Samira Belabed