Les enseignants de l’USTHB pour la création des écoles supérieures des mathématiques et de l’intelligence artificielle

La création de deux écoles nationales supérieures des mathématiques et de l’intelligence artificielle au niveau de la nouvelle ville Sidi Abdallah à Alger permettra de créer un pôle de rayonnement et de développement des sciences pour redonner aux mathématiques et à l’intelligence artificielle la place qui leur sied, indiquent des enseignants et professeurs d’université.

«Au vu des défis stratégiques et technologiques que l’Algérie doit relever, la création d’une école supérieure des mathématiques est un facteur de développement», a indiqué le Pr Benali Benzaghou, enseignant chercheur à l’Université des sciences et de la technologie Houari-Boumediène (USTHB)d’Alger. Selon lui, la construction de l’Université algérienne a débuté dans les années 1960 avec la réforme de l’enseignement supérieur érigée autour de trois axes majeurs, à savoir la science, la technologie et la démocratisation. «En tant qu’approche pédagogique, le système modulaire avait été choisi. Chaque cursus universitaire comprenait plusieurs modules qui pouvaient être réarrangés avec souplesse par les étudiants. L’USTHB a d’ailleurs été un exemple de réussite. Mais par la suite, les enseignants de mathématiques ont fini par être confrontés aux problèmes de l’interdisciplinarité», a-t-il expliqué. Pour lui, l’édification d’une école supérieure de mathématiques permettra d’aller vers une évolution remarquable du savoir mathématique et de la spécialisation», a-t-il assuré.
Pour sa part, le Pr Fatiha Youcef Ettoumi, enseignante dans la même université et membre de l’encadrement des étudiants et jeunes porteurs de projets à l’incubateur, a estimé que la création d’une école supérieure de l’intelligence artificielle (IA) est un chantier prioritaire et une exigence de l’heure. «Près d’une cinquantaine de spécialités ont un lien direct ou indirect avec l’intelligence artificielle, notamment celle de l’informatique, qui ont besoin d’éclore sur des spécialisations en nouvelles technologies», a-t-elle précisé. Selon elle, les fondements de l’IA sont enseignés à l’USTHB, où les étudiants peuvent résoudre des problèmes d’intelligence artificielle, concevoir des systèmes d’IA et étudier des techniques avancées de l’IA. «Je parle d’un seul module enseigné en 10 chapitres seulement. Cela ne permet pas aux étudiants de mieux maîtriser l’intelligence artificielle», a-t-elle déploré. De ce fait, elle estime qu’une une école supérieure de l’IA permettrait de rattraper le retard accusé par l’Algérie en termes d’évolution technologique. «Nous recevons plusieurs étudiants qui ont conçu une IA par eux-mêmes, en fournissant des efforts et effectuant des recherches à l’étranger. Plusieurs générations de drones, de programmes et machines fonctionnant à l’IA ont vu le jour», a-t-elle précisé. Selon l’enseignante, ce créneau stratégique permet de développer le secteur des start-up, dont dépendent beaucoup de porteurs de projets. «Le développement des programmes industriels automatisés, l’élaboration de technologie satellite avancée et autres applications des IA sont conçus par nos étudiants. Cette école est nécessaire pour concurrencer le marché international. Il leur serait possible de faire valoir un savoir-faire qualifié à l’international et d’éviter la fuites de nos cerveaux», a-t-elle conclu. Pour le Pr. Mohamed Tellache, enseignant-conférencier à l’USTHB, a estimé que le projet de création de deux écoles supérieures de mathématiques et d’IA devrait permettre aux étudiants de disposer de moyens matériels et techniques ainsi que de laboratoires de recherche. «Nous ne manquons pas de classes théoriques. C’est de l’application dirigée, de la recherche et du développement qui nous font défaut. Il faudra mettre à disposition des étudiants des laboratoires conformes aux normes internationales, tant en matière de sécurité que de matériel», a-t-il fait remarquer. L’enseignant a assuré que les deux écoles seraient alors une véritable locomotive de l’économie nationale.
Walid Souahi