Tipasa : Les produits agricoles toujours chers

Six jours après le début du mois de Ramadhan, les prix de certains produits agricoles restent élevés. Un constat que Hamza Bellabas, président de l’Association de wilaya de protection et de promotion du consommateur et son environnement (APPCET) à Tipasa, qualifie d’inadmissible.

«Sincèrement, en notre qualité d’association de consommateurs, nous sommes déçus de la cherté des produits de large consommation en ce mois de clémence. Nombreuses sont les familles à moyens ou petits revenus qui souffrent de cette situation», se désole Hamza Bellabas. Et d’ajouter : «Et, pourtant, avant le début du mois de jeûne, la tendance générale était rassurante et tout plaidait pour une offre abondante.» «La pomme de terre, la tomate, le poivron et le poulet affichent encore des prix anormalement élevés avec une tendance haussière. Certes, les précipitations enregistrées ces derniers jours peuvent être un facteur de rétrécissement de l’offre sur les marchés, mais cela ne peut justifier totalement la hausse des prix», observe-t-il. Bien qu’il prévoit un tassement des prix au cours des jours ou les semaines à venir coïncidant avec les opérations de déstockage et la récolte des produits cultivés en plein champ, Hamza Bellabas insiste sur le rôle que peut jouer le consommateur pour réguler les prix. «En l’état actuel des choses, le consommateur est le maillon fort de la chaîne de la régulation. Nous avons observé ces derniers jours une diminution de l’offre dans quelques marchés de la wilaya. C’est le cas à Rahaba et le marché du 18 Février de Hadjout. Pour rééquilibrer l’équation de l’offre et de la demande, le rôle du consommateur est prépondérant», conditionne-t-il. «En s’approvisionnant du strict nécessaire, la tendance peut s’inverser. Ce qui automatiquement ramènera les prix à des seuils abordables», plaide-t-il. Pour autant, cette solution est conjoncturelle. «Il faut qu’il y ait une révision profonde du fonctionnement du marché des produits de large consommation. Cela va du producteur jusqu’au consommateur. La régulation du marché est une condition élémentaire pour maîtriser la mercuriale et éviter par implication des hausses ou bien des chutes subites des prix, car au final, ce sont les agriculteurs et les consommateurs qui payent le prix fort», fait-t-il remarquer. Par ailleurs, le même interlocuteur cite le cas d’un marché au centre-ville de Tipasa où les prix pratiqués sont moins élevés par rapport à la tendance générale. «Cet exemple, bien qu’exceptionnel comparativement à la situation générale, prouve qu’on peut faire des efforts pour ne pas saigner à blanc les consommateurs. Nous espérons que les prix seront abordables d’ici à quelques jours», souhaite-t-il.
Amirouche Lebbal