Prise en charge des sourds et malentendants : Les associations saluent l’engagement de Tebboune

Pour garantir une bonne prise en charge des malentendants et sourds, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a donné instruction pour  la réalisation d’«une école nationale supérieure pour la formation des enseignants spécialisés dans l’apprentissage des sourds-muets». Elle devrait entrer en service dès la prochaine rentrée.

Cette nouvelle décision prise à l’issue du Conseil des ministres a pour objectif d’«assurer une éducation et un apprentissage adaptés à l’échelle national».  Pour la prise en charge sanitaire de cette frange de la société, le chef de l’Etat a chargé le ministère de la Santé de «créer un établissement hospitalier spécialisée pour les malentendants et les sourds, en focalisant sur le développement des opérations de l’implantation cochléaire». Une initiative largement saluée par les associations et les spécialistes en oto-rhino-laryngologie (ORL). Le secrétaire général de l’Association nationale des sourds d’Algérie (Ansa), Bachir Mahieddine, a salué une démarche «très encourageante». «Des initiatives tant attendues qui peuvent améliorer considérablement l’intégration sociale des malentendants et des sourds, lesquels font face à  de multiples contraintes», a-t-il expliqué en espérant que ces «projets» seront concrétisés sur le terrain et appuyés parallèlement à travers des mesures complémentaires. Il a évoqué dans ce cadre le dépistage précoce, lequel peut se faire durant les derniers mois de la grossesse, aux fins d’assurer une prise en charge médicale prématurée. Le SG de l’association a mis l’accent également sur la nécessité de la mise à disposition de l’appareillage auditif. «Ces appareils intra-auriculaires aux coûts excessifs ne sont pas remboursables par la Sécurité sociale», a-t-il regretté.  Par ailleurs, le SG de l’Ansa a estimé que l’ouverture d’une école nationale supérieure pour la formation des enseignants spécialisés nécessite au préalable «la mise en place d’une académie, aux fins de déterminer la langue spécifique à l’Algérie».
Zouaoui Djeffal, président de la Fédération des sourds de la wilaya de Saïda, a pour sa part approuvé cette nouvelle mesure. Toutefois, il a regretté que le partenaire social n’ait pas été convié par la tutelle. Il a considéré cependant que le projet d’établissement hospitalier sera un acquis considérable, permettant de répondre à la forte demande en matière d’implantation cochléaire.
Le Pr Nadia Yahia Aït Mesbah, chef du service ORL à l’établissement public hospitalier Bachir-Mentouri de Kouba, a estimé, de son côté, qu’un nouveau établissement hospitalier spécialisé sera d’un grand apport et permettra une prise en charge des plus appropriée. «L’implantation cochléaire est aujourd’hui une intervention bien maîtrisée par nos spécialistes», a indiqué la chef de service, avant d’ajouter que «la nouvelle structure permettra un suivi adapté et une meilleure prise en charge, notamment sur le plan psychologique».
Le professeur a fait savoir qu’actuellement, «la demande dépasse largement l’offre en appareillage». «La liste des candidats en attente pour une implantation cochléaire s’allonge face au nombre limité d’implants.» Dans le cadre de la prise en charge des personnes aux besoins spécifiques, le président de la République «a chargé le gouvernement de trouver les mécanismes adéquats pour la prise en charge des enfants autistes». Tout en manifestent sa totale adhésion à cet nouvelle démarche, Mme Ouali, présidente de l’Association nationale autisme Algérie, a souligné que son organisation a participé, aux côtés de l’Organe national de la promotion et de la protection de l’enfance,  à l’élaboration d’un rapport détaillé sur l’état des lieux de cette catégorie, lequel a été présenté à la présidence de la République.
Samira Azzegag