Fatma-Zohra Zerouati, présidente du parti TAJ : «C’est un Ramadan exceptionnel»

Fatma-Zohra Zerouati, présidente du parti TAJ, pense que ce mois sacré sera exceptionnel. Il coïncidera avec les élections législatives et la préparation de la campagne y afférente. Cela ne l’empêchera pas d’assumer son rôle au sein de sa famille a-t-elle assuré. D’après elle, ce mois doit être exploité pour se ressourcer et renforcer notamment les valeurs de partage et de fraternité.

Le Ramadhan durant la crise sanitaire est-il différent pour vous ?
Malgré le confinement et la pandémie qui sévit encore, mon quotidien durant ce mois sacré sera assurément consacré à la préparation de la campagne électorale des législatives. On est en plein finalisation de l’opération de la collecte des signatures. Le dernier délai est fixé pour le 22 avril. C’est un travail qui demande beaucoup d’efforts. Je serais donc branché politique à 90%. Il sera question donc d’un Ramadhan exceptionnel qui nous obligera de mobiliser toutes nos forces. Surtout que notre parti vient de revenir avec un nouveau souffle. La charge et la responsabilité est lourde. Je suis à la tête de ce parti depuis quelques mois et j’affronte des élections législatives constituant une phase très cruciale dans la vie du pays. Ce sont des élections qui comptent beaucoup pour nous et pour les bases militantes. Je suis dans un travail effervescent au niveau de l’ensemble des wilayas dont une dizaine a déjà déposé les listes de candidature. Interviendra ensuite une autre phase, celle de la mise en place d’une stratégie de campagne.
On ne vous verra pas donc cette année en cuisine…
Non, je vais bien sûr cuisiner. Je ne veux pas pousser la femme à faire de la politique et négliger son foyer. Je ne compte pas être démissionnaire de ma mission de maman et responsable de ma famille. Le menu coutumier sera retenu et les mêmes habitudes seront reconduites. Ce n’est pas sorcier. Cuisiner ce n’est du tout consacrer toute la journée pour cette tâche surtout quant on connaît les règles et les formules à suivre. Je suis une femme anti-gaspillage. Il y aura toujours le partage avec d’autres personnes. C’est un principe que je garde depuis vingt ans. Le Bon Dieu installe la baraka et la bénédiction au sein du foyer. Une sensation inégale. C’est le mois où je vais profiter pour lire le Saint Coran même en étant au bureau. L’une n’empêche pas l’autre. On va travailler communément pour réussir les prochaines élections mais en même temps chacun de nous va avoir son petit jardin secret, et ses habitudes ramadanesques. Quand on a une fille à la maison, c’est toujours un bonheur. Elle m’aide à confectionner le repas Dieu merci.
La famille est-elle exigeante du point de vue culinaire ?
Je suis un petit peu classique. Ce qui est important durant ce mois sacré c’est surtout la chorba. Le mari ne prend  que ce plat et une bouraka. Il passe directement à son café qu’il apprécie bien sûr avec un sucré qui peut être une petite samsa, une mhencha ou un cigare. On n’est pas de grands mangeurs. On ne gaspille pas. On ne jette pas de pain. On achète un pain et on fait un autre à la maison. Pas plus.  Le deuxième plat je le fais pour partager loin de l’exagération. On n’a pas la mélancolie des plats. Quotidiennement, je ne mange rien durant la journée du petit déjeuner jusqu’au soir. Donc rien ne va changer. Je suis une personne qui recycle. Le plat peut devenir un autre le lendemain. Ma table est la plus simple qui soit. J’ai toujours devant moi les gens qui n’ont pas de quoi vivre. Si une famille veille sur une autre, on aura une moitié de la société comblée.  La crise sanitaire a impacté le mois sacré sur le plan sociétal et relationnel. La Covid a affecté aussi les couffins. Beaucoup de famille ont perdu leurs emplois.
Le message que vous adressez aux Algériens durant ce mois ?
Le Ramadhan c’est le mois du partage, l’occasion de se rapprocher du Bon Dieu à travers nos actions et la façon d’améliorer nos habitudes et nos comportements. C’est un mois pour être plus serein. La personne revient vers ses valeurs pour donner le meilleur d’elle-même. C’est une excellente opportunité qui revient chaque année que nous devons exploiter pleinement car on n’est pas sûr de la vivre encore l’année prochaine.
Entretien réalisé par Karima Alloun