Feuilletons télévisuels du Ramadhan, une nette amélioration

C’est archi-connu, la production audiovisuelle consacrée spécialement pour la grille des programmes du mois de Ramadhan se décline en feuilletons et en caméras cachées.

Si durant les dernières années celles-ci ont été particulièrement décriées en raison de leur mauvaise qualité artistique et en l’absence d’originalité mais surtout pour leur côté violent et irresponsable, les chaînes de télévision se sont avisées à presque ne plus en produire. Hormis celle proposée cette année par Mourad Khan qui se spécialise depuis quelques années dans ce créneau cher au regretté Hadj Rahim elles ont disparu des écrans.
Le concept de caméra cachée le plus usité consiste le plus souvent à piéger des célébrités ou à divertir avec des situations cocasses auxquelles sont confrontés des passants incrédules. Bref, cela a l’air simple et facile mais en apparence seulement.
Cela étant, la bonne nouvelle cette années et du moins pour la première semaine de la grille des programme du mois de Ramadhan est de souligner la nette amélioration des productions proposées au public algérien. Les feuilletons, notamment, se distinguent par une bonne mise en scène ainsi qu’une bonne direction d’acteurs, qui leur confèrent une assise dramaturgique en mesure de mener le récit des différentes histoires racontées.
Le feuilleton «Yemma» saison 2 co-écrit par Madih Belaid et Sofiane Rahmane et réalisé par Madih Belaid que diffuse Djazairia One reste sur la lancée du succès obtenu par la saison 1. Avec une pléiade de bons comédiens dont Sid Ahmed Agoumi et Malika Belbey, le feuilleton se suit avec un réel plaisir de voir l’évolution de l’intrigue où se mêlent des rivalités de famille et des ambitions personnelles sur fond de tension entre trafiquants de drogues et autres drames sociaux. La mise en scène est maîtrisée et le récit fluide.
Autre succès des années précédentes, «Achour El Acher» qui, en dépit de l’absence de Salah Aougrout, se maintient au haut niveau de la réalisation avec de somptueux décors et une très bonne mise en scène signée par le talentueux Djaffar Gacem. Intrigues de palais au menu et scènes de vie quotidien dans le royaume achourien constituent la colonne vertébrale de la saison 3 de ce feuilleton aux connotations politiques avérées.
Trois nouveautés sont à signaler cette année avec d’abord «Liyem» un feuilleton écrit par Manel Messaoudi et réalisé par Nassim Boumaïza, puis «Bent bled» réalisé par Youcef Mehsas sur la base d’un scénario de Manel Messaoudi et enfin «Tass3inette» de Abdelkader Djerioui qui a écrit le scénario et assuré la mise en scène de cette série humoristique où se distingue Mohamed Hhessani dans le rôle d’une ancienne star de raï, la comédienne Imène Noël et le comédien Mustapha Laribi dans un registre peu habituel mais qui au final lui réussit bien. Ces productions télévisuelles révèlent qu’une nouvelle génération de comédiens et de comédiennes est là. Belle et talentueuse, c’est un potentiel à exploiter à l’avenir pour le bien du cinéma et de la télévision.
Abdelkrim Tazaroute