Poésie : Les chants profonds de Keltoum Deffous

La poésie était à l’honneur, samedi dernier, à Constantine lors de la rencontre «Thé et pages nocturnes à Média Plus» conçue par la maison d’édition portant le même nom comme un espace de rencontre et de convivialité.

La poétesse Keltoum Deffous, qui a édité chez Anep-Editions un recueil «voix de femmes», co-écrit avec Nadia Belkacemi, est venue déclamer des poèmes devant de nombreux férus de ce genre d’expression. «Je suis vraiment ravie qu’on soit les premières à inaugurer cette activité nocturne, d’ouvrir ces pages devant plein d’amis et de jeunes qui s’intéressent à la poésie», a-t-elle lancé. «Cela  me va droit au cœur», ajoute Deffous pour qui «la voix de femmes» renvoie à celles qui m’ont  donné la vie et le goût de la vie, ma mère et ma grand-mère». «Elles connaissent l’enfer, le purgatoire mais n’ont jamais mis les pieds au paradis», dit-elle mi-sérieuse, mi-ironique. Elle ne s’en cache pas. «Je ne chante pas la femme féministe moderne mais nos anciennes, nos aînées», proclame-t-elle. L’ouvrage met en scène deux poétesses algériennes qui dialoguent et font découvrir leur univers secret. C’est une sorte de chant venu de très loin, semblable à une  berceuse qui susurre à l’oreille un air éternel. Pour Deffous, «la poésie est en train de renaître de ses cendres et ce genre mal aimé de la littérature suscite beaucoup d’intérêt chez les lecteurs. «La poésie, surtout pendant la période du confinement, se révèle de plus en plus comme le cri de l’âme. Que fait –on lorsqu’on est seule ? On rêve ! La poésie c’est l’expression de notre solitude», soutient-elle. La poétesse  travaille sur deux projets distincts dont l’un est un recueil de poésie sur le confinement et l’autre s’inspire de la «révolution du sourire» (Hirak). Pour elle, «l’Algérie est en train d’accoucher mais la démocratie et la liberté ne sont pas encore nées». L’auteur n’a pas manqué de faire part de son regret de voir ses douze recueils se publier en France, à l’exception de «voix de femmes». Son vœu est de voir ses livres paraître à l’avenir dans notre pays. Celle qui fut lauréate du premier prix Blaise-Cendrars, section francophonie 2017 et du prix spécial de la paix aux jeux floraux méditerranée de Narbonne y tient fermement.
Nasser Hannachi