L’ONILEV casse les prix de la pommes de terre, les citoyens soulagés

 

Le ministère de l’Agriculture et du Développement rural a procédé, dernièrement, au déstockage d’importantes quantités de pomme de terre à travers plusieurs wilayas du pays en vue de faire baisser les prix qui ont récemment flambé sur le marché national.

Les quantités de pomme de terre déstockées sont mises sur le marché à travers les points de vente directe (plus de 500) relevant du ministère de l’Agriculture et répartis sur l’ensemble du territoire national (des marchés de proximité créés à l’occasion du Ramadhan) ainsi qu’à travers les marchés de gros et de détail. Selon le directeur général de l’Office national interprofessionnel des légumes et des viandes (ONILEV), Mohamed Kharroubi, il s’agit de la quatrième opération du genre depuis le début du mois d’avril, avec un déstockage de 30.000 tonnes de pomme de terre à ce jour. Kherroubi soulève le phénomène de ce qu’il appelle «l’achat de panique» regrettant des comportements inhabituels, comme ces consommateurs qui s’approvisionnent de façon exagérée Kharroubi souligne que le déstockage de ce produit se poursuit régulièrement en fonction des besoins. Il rassure de la disponibilité de la pomme de terre ces jours-ci grâce à l’amélioration des conditions météorologiques. A Bab El Oued, Aïn Benian et Zéralda, à Alger, il y avait foule toute la matinée de ce mardi devant les points de vente, contrairement au Palais des expositions (Safex), à Mohammadia, où peu de gens ont fait le déplacement. Le point de vente de Bab El Oued, relevant du Groupe de valorisation des produits agricoles (GVAPRO), quelque 500 tonnes de pomme de terre sont mises en vente à 40 et 50 DA/kg.
«Cette opération met un terme à la flambée des prix», a déclaré Kharroubi. Accompagné de ses voisins Rahim et Mounir, Abdelmadjid s’est dit soulagé,  saluant la louable initiative des pouvoirs publics qu’il qualifie d’«aubaine pour le citoyen». Un autre homme, la cinquantaine, souhaite que pareille opération toucherait un éventail plus large de fruits et légumes, tandis que son voisin appelle à son maintien durant toute l’année. «Cela aiderait à préserver le pouvoir d’achat du citoyen», a-t-il soutenu. Visiblement, la crise sanitaire n’a pas dissuadé les gens à sortir massivement pour faire leurs courses et notamment profiter de l’opération de déstockage de pommes de terre. La quarantaine, Karim, employé dans les assurances, ne portait pas de bavette. Il n’était pas soucieux du risque de contamination auquel il était confronté, notamment avec cette file interminable de personnes, la plupart des hommes. Son seul souci, s’approvisionner davantage. «J’ai acheté 30 kg de pommes de terre pour ce mois sacré. J’aurais la paix pendant un mois», a-t-il confié, prétextant qu’il a à sa charge une famille nombreuse. Du côté d’un producteur stockeur, c’est aussi l’euphorie. «On est heureux que l’activité commerciale soit relancée», a-t-il témoigné. Un autre producteur assure les citoyens qui faisaient la queue : «La pomme de terre est disponible en abondance et les prix sont fixes.» Et d’ajouter : «Nous n’avons aucune perturbation dans l’approvisionnement.»

Samira Sidhoum