Kamel Chekkat, théologien et cofondateur de la ligue des oulémas du Sahel : «Je me consacre à mes recherches»

Kamel Chekkat est chercheur en théologie, animateur d’émissions religieuses, membre fondateur de la Ligue des oulémas du Sahel et auteur. Dans cet entretien, il estime que le mois sacré ne change en rien son quotidien. Au contraire, il se sent en forme et se consacre à ses recherches.

Jeûner en temps de Covid-19 est-ce vraiment un Ramadhan comme on le connaissait ?
Le mois de Ramadhan est pour moi une période où je peux me consacrer davantage à mon travail. Ma journée commence tôt et je sors vers 7h de chez moi. La Covid-19 est toujours parmi nous et continue à faucher des vies. A ce titre, l’application des mesures préventives sont le moyen le plus sûr pour s’en préserver. La pandémie ne change en rien mon quotidien durant le mois de jeûne.

 

Mais qu’est-ce qui a changé pour vous à la maison et dehors ?
Comme toutes les familles, il est certes que notre table est davantage garnie. Je n’aimerais pas que mon épouse passe toute sa journée devant les fourneaux. Le mois sacré n’est pas seulement dans la diversification des plats de la meida de l’Iftar. C’est une occasion de se rapprocher du Créateur et de nos proches. Les fidèles saisissent l’avènement de ce mois sacré pour multiplier les prières, lire le Saint Livre et surtout mener des actions de solidarité et de partage. Toutefois, actuellement, on se rue vers les marchés et on achète des choses dont nous n’avons pas besoin. Il est dommage de constater un grand gaspillage de la nourriture et le pain jeté dans les poubelles. Ce décor qui marque malheureusement le moins de Ramadhan me désole. Mes parents, surtout ma mère, nous a appris tout jeune à éviter de cuisiner des mets qui finiront dans une décharge. Depuis, même mon épouse est sur les pas de ma mère. Je fais les courses et elle cuisine un jour sur deux. On mange frais aujourd’hui et le lendemain on réchauffe. Le gaspillage est banni de notre famille quand des gens ont du mal à joindre les deux bouts. Ces pratiques ne sont pas dignes des musulmans.

 

Vous êtes présent dans des émissions radiophoniques et télévisées. A ce titre, vous êtes un personnage public estimé et écouté. Votre entourage vous sollicite-t-il pour des conseils en rapport avec leur vie religieuse et spirituelle ?
Le Ramadhan est pour moi une période propice pour avancer dans mes recherches. Je consacre beaucoup de temps à la lecture et à la rédaction d’articles en rapport avec la religion. Certes, j’interviens dans des émissions ici et à l’étranger. Pour cela, et vu la sensibilité des thématiques, je tente toujours de répondre en me basant sur des vérités et mes lectures. Pour mes amis et proches, je leur dis que je ne possède pas assez de savoir pour les orienter et les conseiller. Il y a des imams plus compétents.
Entretien réalisé par Karima Dehiles