Hommage au Cheikh Darsouni au TRC

Au  théâtre régional  de Constantine, (TRC) l’émotion a marqué l’hommage rendu, dans la soirée de lundi, au cheikh Darsouni, pionnier du malouf. Quatre troupes se sont succédé sur scène pour apporter chacune diverses variations puisées dans cette musique savante.

Le  Cheikh du malouf, Kaddour Darsouni est décédé, le 20 avril 2020 à l’âge de 93 ans. La  direction du TRC a saisi l’occasion des veillées du Ramadhan pour rendre hommage à ce grand éducateur lors d’une veillée exceptionnelle dédiée au malouf  préludée par une «hadwa» de la troupe de Riad Blame. Darsouni  a laissé  dernière lui de nombreux interprètes qui lui vouent  reconnaissance pour avoir préservé par ses travaux et sa transmission qui a duré près de 70 ans l’art andalou. «Notre établissement a concocté un programme malouf. Il se trouve que la date de la disparition du Cheikh  Darsouni  s’y trouve. Nous avons  jugé nécessaire de lui rendre hommage et d’honorer la famille de celui qui a  formé plusieurs générations», confie  le directeur du théâtre Tarek Mireche.
Les chanteurs Touati, Bouda et la troupe «frères Darsouni» ont séduit par leurs prestations les mélomanes, pour la majorité des personnes qui ont connu le maître ou de jeunes férus du genre musical. Le TRC a vibré d’d’émotion lorsque les interprètes ont évoqué les prouesses  du maître ou apporté un modeste témoignage sur sa personnalité. «Il incarnait le professeur complet par son savoir-faire et son talent à inculquer aux élèves les rudiments de cet art», devaient dire quelques artistes que nous avons interrogés.
Mohamed Darsouni né le 8 janvier 1927 à Constantine a consacré sa vie à l’apprentissage du malouf au conservatoire municipal de Constantine. Ayant  entamé sa carrière dans  l’association «Mouhibi El Fen», c’est sa rencontre avec Cheikh Bendjelloul qui lui a ouvert la voie de l’initiation au malouf. Il intègre ensuite l’orchestre de Maâmar Berrachi et de Zouaoui Fergani. En 1995, celui qui a  contribué magistralement à la confection du répertoire des noubas et dérivés créa l’association des élèves du conservatoire. Après sa disparition, le président de la République lui avait attribué, à titre posthume, la médaille de l’ordre du mérite national rang de «Achir» pour ses travaux et son abnégation pour un art authentique.
Nasser Hannachi