Décès de l’historien français et défenseur de la cause algérienne Marc Ferro

L’historien français Marc Ferro, spécialiste de l’histoire de la colonisation et défenseur de la cause algérienne, est décédé dans la nuit de mercredi à jeudi à l’âge de 96 ans, ont rapporté des médias français.

Historien de réputation internationale, Marc Ferro, né à Paris en 1924, était un spécialiste de l’URSS et de la Russie mais aussi des guerres du XXe siècle, de la colonisation et du cinéma. Il était aussi un auteur prolifique. Il avait publié l’an dernier son 65e ouvrage, « L’entrée dans la vie », sur le destin de grandes personnalités. Après qu’il a échappé aux nazis durant la deuxième guerre mondiale, il a  été affecté à Oran, alors sous la colonisation française, pour y enseigner, de 1948 à 1956. Il s’engage en faveur de l’indépendance de l’Algérie.
Son livre « Le Livre noir du colonialisme, XVI-XXI siècle: de l’extermination à la repentance » (2003) est l’ouvrage de référence sur les pages sanglantes, les excès, les méfaits mais aussi les discours de légitimation de la colonisation française et occidentale. En 1960, il regagne Paris, où il enseigne et prépare une thèse de doctorat  consacrée à la Révolution russe de 1917. Plus tard, il enseigne à l’Ecole Polytechnique avant de diriger le groupe de recherches « Cinéma et Histoire » à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS).
Bien qu’ayant échoué sept fois à l’agrégation, il poursuit sa carrière universitaire, durant laquelle il cherche à analyser les événements et la société sans porter de jugement, et dirige même à partir des années 1970, la prestigieuse revue des Annales. Directeur de recherche émérite à l’EHESS, il innove à la fin des années 1980 en mettant à la portée du grand public les archives cinématographiques des grands moments de l’Histoire contemporaine, comme la période 1939-45 et la Guerre froide.