Le droit à la résistance

 

  Le Conseil de sécurité s’installe dans la léthargie coutumière d’une institution dont la vocation est pourtant de veiller au maintien de la paix et de la sécurité. Plus de 5 mois après la violation du cessez-le- feu par le Maroc, la volonté de maintenir le statu quo se confirme dans le rejet du projet de déclaration américain appelant à la fin de l’escalade et l’absence de résultats tangibles à la hauteur de la gravité de la situation, de la détérioration des droits de l’homme dans les territoires sahraouis occupés et de la montée en puissance du mouvement de solidarité internationale avec le peuple sahraoui. Aux Etats-Unis, en Europe et en Afrique, le consensus  reflète une prise de conscience manifeste que le Conseil de sécurité n’a pas traduit en actes concrets et en base de relance du processus de négociation oblitéré par les entraves de l’occupant marocain et le soutien de ses alliés privilégiant la poursuite des ressources sahraouies aux idéaux de liberté et des droits de l’homme dont ils se réclament faussement. La question de décolonisation inachevée du Sahara occidental est devenue l’otage de certains membres du Conseil de sécurité, coupables de la légitimation du fait accompli et de la dégradation inquiétante de la situation des droits de l’homme. Elle a longtemps souffert d’une incapacité de l’Onu révélée par la reconnaissance par le porte-parole du secrétaire général de l’Onu, Stéphane Dujarric, évoquant les «difficultés» rencontrées dans la désignation d’un nouvel émissaire, et l’aveu de taille clairement exprimé par la Haute- Commissaire aux droits de l’homme, Michèle Bachelet, empêchée par certaines parties d’attirer l’attention de la communauté internationale sur la situation des droits de l’homme au Sahara occidental. Tous les efforts d’un retour à la légalité ont été voués à l’échec. Cet état de fait laisse la porte ouverte à la reprise de l’escalade qui se justifie, a minima, par la dénonciation de la violation marocaine du cessez-le-feu, et l’absence de perspective réelle de relance du processus de paix. Une telle opportunité ratée légitime le droit à la résistance revendiqué par le Front Polisario qui ne croit plus aux fausses promesses. Par-delà la désignation d’un nouvel émissaire, le rétablissement des droits inaliénables sahraouis à l’autodétermination est la seule voie d’un règlement juste et définitif d’un conflit qui a assez duré.

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