Abdelwahab Ziani, président de la Cipa : «J’appelle les industriels à participer à l’élan de solidarité»

Pour Abdelwahab Ziani, président de la Confédération des industriels et producteurs algériens (Cipa), le Ramadhan ne rime pas avec changement de comportement,  surconsommation et gaspillage, mais avec spiritualité, labeur, rationalisation et  solidarité. C’est ce qu’il exprime dans cet entretien.

Jeûner en temps de la Covid-19 est-ce vraiment un Ramadhan comme on le connaissait ?
Oui c’est toujours un Ramadhan comme on le connaît. Malgré la Covid-19, nos coutumes et nos habitudes restent les mêmes. La  pandémie  n’est qu’un paramètre. Elle a changé, certes, certains comportements mais pas nos traditions que nous perpétuons durant chaque mois de Ramadhan. Nous essayons de nous adapter avec la situation de l’heure sans perdre de vue nos traditions. C’est vrai que la pandémie nous empêche, en quelque sorte, de sortir en famille et de rendre visite à nos proches, mesures de prévention exigent, mais nous essayons de créer cette ambiance  chacun chez soi. Le Ramadhan est le mois de la bonté et de l’entraide. Mais aussi une occasion pour intensifier la lecture du Coran. D’ailleurs, je suis content que, cette année, nous ayons cette possibilité d’accomplir la prière des Tarawih. Le reste  n’est qu’un plus. J’espère que tous les Algériens passent leur mois sacré sereinement et dans de bonnes conditions.
Justement est-ce que votre quotidien a connu des  changements?
 A la maison, de manière générale, rien n’a changé. Nous avons maintenu, presque, les mêmes pratiques habituelles. Dehors nous avons redoublé de précautions  s’inscrivant dans cette optique de casser la chaîne de contamination de la Covid-19.   J’ai remarqué, par contre, que le comportement  des gens a changé beaucoup plus  vers l’apaisement que vers l’excitation.  C’est un bon signe.
Qu’est-ce que vous appréciez et qu’est-ce qui vous importune ?  Et est-ce que vous êtes de ceux qui s’énervent facilement ?  
Je suis de ceux qui veillent à faire leurs prières dans le temps et lire le Coran. Tout simplement maintenir mon rythme de vie quotidienne. Je ne suis pas une personne qui s’énerve. Bien au contraire. Je suis très calme et j’aime la sérénité. Je m’éloigne, d’ailleurs, le maximum, des zones négatives. C’est dans ma nature. J’aime le Ramadhan et j’aurais aimé qu’il soit  étendu durant toute l’année eut égard à ses vertus et à sa spiritualité. Par contre, ce qui me révolte le plus durant ce mois et même durant l’année, c’est bel et bien le phénomène du gaspillage qui continue, malheureusement, malgré les campagnes de sensibilisation, à prendre de l’ampleur.  Je cite l’exemple du lait. Nous avons constaté une surconsommation durant les premiers jours du Ramadhan. Pour le pain on n’en parle même pas. Les gens achètent plus qu’ils n’en consomment. Il va falloir changer notre mode de consommation en favorisant la rationalisation. Nous devons bannir le gaspillage. C’est inconcevable que d’un côté on déplore la chute du pouvoir d’achat, la pauvreté et de l’autre, ce phénomène devient de plus en plus démesuré et prend des proportions alarmantes.  Il faut arriver à une moyenne  de consommation pondérée.
Couche-tôt ou tard ? Exigeant ou pas en matière de cuisine ?
Je suis un couche-tard mais généralement pas au-delà de minuit. J’essaye de maintenir le même rythme que d’habitude car  je dois être au bureau à huit heures.   Pour ce qui est d’exigence, l’essentiel pour moi est que j’aie ma chorba algéroise accompagnée de bourak  et de kalb elouz pour finir la soirée en beauté.
Un message aux industriels ?
En tant que chef d’entreprise, j’appelle les industriels à participer à cet élan de solidarité et venir en aide aux  personnes qui sont dans le besoin. Je collecte de l’argent toute l’année pour des actions de solidarité durant le mois de Ramadhan.  Les industriels peuvent y participer en vendant les déchets générés  par leur unité de production. La recette est versée dans une  caisse «Wakf Allah» laquelle sera consacrée à remplir les paniers en guise de solidarité au profit des nécessiteux.   J’aime le partage et nous avons le sens de la solidarité dans notre famille de père en fils que nous continuons à inculquer à nos enfants.
Entretien réalisé par Wassila Ould Hamouda