Le recours à d’autres ingrédients

Les émissions de cuisine ne font presque plus partie de la grille des programmes radio. Le genre qui a longtemps eu du succès a  cessé d’attirer et de séduire. Il est loin le temps où Samia et Nadia, proposaient, chaque matin, un ensemble de conseils pour la bonne tenue d’un foyer. Sur la Chaîne 1, l’émission matinale qu’animait la première portait un titre bien choisi «el Beitessaid» (heureux foyer). Elles sont de moins en moins nombreuses les femmes qui  tendent  encore l’oreille, une feuille et un stylo à portée de main pour noter avec attention une recette et le souci de ne pas oublier la mesure en farine ou le nombre de cuillerées d’huile ou de cumin en poudre. La télé a ensuite renouvelé le genre même si Madame Rezki, pionnière se contentait seulement de prodiguer et de présenter ses recettes  dans un décor figé. Ce sont les chaînes  Echourouk et Ennahar qui vont investir beaucoup dans le genre. C’est dans ce contexte qu’est apparue la chaîne Samira TV dédiée à la cuisine et qui avait comblé un grand vide dans le paysage audiovisuel. La chaîne Algeria One diffuse durant ce mois de Ramadhan «Ftourkoum Andi» une émission d’une vingtaine de minutes qui s’apparente à  une sorte de voyage culinaire à travers les différentes régions du pays. Si aujourd’hui, on fait toujours la part belle aux recettes, aux techniques de préparation de différents plats et gâteaux, les concepteurs ont élargi les centres d’intérêt et la gamme des émissions et injecté d’autres ingrédients. Oum Walid sur Samira TV  sans s’afficher, comme à la radio, aide à préparer le Kbab, les boureks et la Chekhcoukha, mais les programmes comportent  aussi des cameras cachées, des concours qui permettent de gagner des bijoux. On invite aussi des chanteurs, des vedettes du petit écran pour parler de leurs préférences et goûts. La chanteuse  Manal Gharbi anime une Qaada, ces moments de convivialité, de partage liés à la table. Les émissions culinaires ont trouvé, ces derniers temps  un autre espace pour se déployer. Internet fourmille de pages de chefs où l’on a l’embarras du choix pour concocter un plat succulent. A la longue, Internet risque de   tout  remplacer. Par un simple clic, toutes les couleurs et les senteurs s’exposent sur la toile qui foisonne de recettes qui peuvent titiller les narines et les palais. Un éditeur a trouvé le mot juste. Parlant des livres de cuisine, il a avoué qu’ils ne font plus recette depuis belle lurette. Les ventes sont en chute libre. Tout le monde opte pour la télé et de plus en plus pour la toile.
H. Rachid