Étoile filante

Encore un classement mondial des universités qui relègue dans les abysses les établissements nationaux parmi lesquels seule une poignée a eu l’insigne «honneur» d’être citée ! C’est vrai que l’Algérie n’a pas le profil d’un premier de la classe, mais se retrouver dans tous les domaines systématiquement dans le peloton de queue, pour ne pas dire bon dernier, cela fait un peu tiquer et, quand on tire un peu trop sur la corde, cela devient vite agaçant. Bien évidemment que le dénigrement est un procédé, certes, archaïque mais toujours efficace, auquel ont recours les adversaires de l’Algérie dans leur stratégie de confinement ou de déstabilisation de notre pays. Le plus désolant, c’est la reprise, sans une once d’esprit critique, par les médias nationaux de ces soi-disant études dont le commanditaire n’est parfois lui-même qu’un organe de presse ! Chacun sait qu’il suffit d’une orientation venue d’en haut ou d’une petite intervention bien rémunérée pour faire dire aux chiffres ce qu’on veut qu’ils disent. Les institutions les moins suspectes cèdent parfois à ces puissantes influences. On se rappelle fort bien de l’étude publiée sur la chloroquine par The Lancet, qui l’a finalement répudiée. La pandémie de coronavirus a d’ailleurs produit un nombre incalculable d’études qui se démentent les unes les autres, dans une féroce bataille entre scientifiques, entre labos et entre pays, pour mettre en valeur sa marque et rabaisser un concurrent encombrant. L’Algérie souffre certainement de son image, mais c’est faute d’être défendue convenablement. Le ministre des Travaux publics et des Transports nous offre l’illustration du mal qui nous accable : il y a trop de ralentisseurs hors normes techniques et légales installés sur notre route ! Parfois, il y a des nouvelles qui flattent l’égo national et le revigorent. Ainsi en a-t-il été lors de l’incroyable découverte archéologique d’Aïn Boucherit qui a révélé l’Algérie comme nouveau berceau de l’humanité ! Ça en a bouché un coin à plus d’un ! Une autre récente découverte a propulsé notre pays au devant de l’actualité scientifique, malheureusement pas à l’actif d’une de nos universités, ayant trait cette fois à une singulière météorite trouvé dans le Sahara algérien, du côté d’Adrar plus précisément, qui aurait l’âge vénérable d’environ 4,6 milliards d’années, selon la datation faite par les scientifiques. Comment cette pépite a-t-elle atterri à l’étranger ? Il faut savoir que ces cailloux tombés du ciel, et il en est tombé beaucoup dans le Sahara, sont la convoitise de nombreux collectionneurs de par le monde. Tous les touristes qui vantent la beauté de notre Sahara ne sont pas de simples amateurs de paysages désertiques, certains sont de chasseurs qui sillonnent les endroits favorables pour collecter illégalement des objets archéologiques et les vendre. Une météorite peut valoir quelques centaines ou milliers de dollars, mais certains spécimens peuvent atteindre des prix faramineux. La plus chère a ainsi été cotée à 1,7 million de dollars ! Faisons le vœu, à la prochaine étoile filante, que le ministère des Mines, qui a accordé des permis d’exploiter artisanalement les gisements d’or du Sud, d’en faire de même pour les météorites !
O. M.