Tipasa : La bavette, une histoire ancienne !

Le conseil scientifique chargé notamment de l’évaluation de la situation épidémiologique dans la wilaya de Tipasa, s’est tenu, mercredi, afin de faire un état des lieux sur l’évolution épidémique, comme c’est l’usage cycliquement depuis l’apparition de la pandémie.

Toutefois, la légère recrudescence des cas d’infection par la Covid-19 à l’échelle nationale a conféré à cette réunion, présidée par le wali, une importance capitale. Et pour cause, il s’agit non seulement d’anticiper toute éventuelle élévation des contaminations dans la wilaya qui connaît depuis les trois derniers mois un repli de la pandémie, mais en plus de mettre en place une stratégie efficiente en matière de prise en charge médicale des personnes contaminées en cas d’un retour du pic de contamination.
Pour le moment, la situation épidémique est stable, selon le directeur de la santé et de la population à Tipasa,  Mohamed Bourahla. Pour autant, elle demeure préoccupante. «Faire face à la propagation de la pandémie ne se limite pas seulement à la prise en charge médicale des malades contaminés. Sans un respect rigoureux du protocole sanitaire et des gestes préventifs, tout combat en ce sens n’est pas gagné d’avance»,  prévient le responsable. Et d’ajouter : «Le concours du citoyen dans l’effort visant à respecter les gestes barrières est non seulement un facteur primordial pour freiner la propagation de la Covid-19, mais surtout il peut éviter d’infliger des drames à de nombreuses familles, d’autant que les franges vulnérables sont celles qui payent souvent le prix fort.» Force est de constater que le port du masque n’est plus un réflexe systématique, comme ce fut le cas auparavant à Tipasa. En ce mois de Ramadhan, où les marchés et autres places de négoce ainsi que de détente durant les soirées grouillent de monde, les citoyens qui portent le masque sont visiblement une minorité, du moins c’est ce qu’on a constaté dans certaines grandes villes de la wilaya. A Cherchell, réputée pour son marché aux ruelles étroites, il est difficile, durant certaines heures, de s’y frayer un chemin à pied dans la foule compacte qui le fréquente. Impossible d’imposer dans pareil cas une distanciation physique. «Mis à part les personnes âgées ou plus de 50 ans qui portent le masque, les autres clients font fi majoritairement des gestes barrières», observe un habitant de Cherchell. Les mêmes scènes sont légion dans les marchés de Hadjout, Tipasa, Koléa ou Fouka. Dans certains commerces, les affiches invitant les clients à respecter les gestes barrières et la distanciation physique sont devenues des décorations. «Si la situation vient à perdurer, il faudra s’attendre tôt au tard à un regain de la pandémie, surtout lorsque l’on sait qu’à partir de la deuxième moitié du mois de jeûne, les boutiques d’habillement et de chaussures seront prises d’assaut»,  appréhende Sid-Ali de Tipasa. Selon le directeur de la santé et de la population, la campagne de sensibilisation sur l’obligation de respect des gestes barrières sera intensifiée. Un travail de proximité qui sera mené tous azimuts, surtout avec l’apparition et la circulation des nouveaux variants dans certaines régions du pays. «Pour le moment, la situation est stable. Trois unités Covid sont en service actuellement à Tipasa, Koléa et Sidi Ghilès», indique-t-il. En cas de besoin, le nombre des unités dédiées à la prise en charge des malades atteints de la Covid-19 passera au double avec une capacité mobilisable de 830 lits et 52 autres dans les services de réanimation.
Amirouche Lebbal