Covid-19 : Les professionnels de la santé pour l’accélération de la campagne de vaccination

 

«Les chiffres annoncés par l’Institut Pasteur Algérie relatifs au séquençage des nouvelles souches confirment la large propagation du virus en Algérie. Parmi 190 cas confirmés, il est enregistré 166 atteints par les nouveaux variants. Cette situation est vraiment inquiétante», a estimé le président de la Société algérienne d’immunologie et chef de service du laboratoire central de l’EPH Rouiba, le Pr Kamel Djenouhat.

 

Le virus de Wuhan a subi des mutations, donnant naissance à de nouveaux variants, britannique, brésilien, indien, nigérian. Interrogé surleur dangerosité, le Pr Djenouhat a fait savoir que le variant nigérian se diffuse deux fois plus vite que le britannique.
«Peu d’études sont faites sur le variant nigérian qui n’est pas encore classé comme plus dangereux que les autres. Il est à noter qu’il est enregistré dans 60 pays, au moment où le britannique a atteint 30 seulement. Le décodage des chiffres et des indicateurs en Algérie confirment cet état des lieux. La hausse des décès et le nombre d’hospitalisations dans les services des soins intensifs prouvent largement la virulence du nigérian, dont le taux de mortalité est de 4,5%», a fait remarquer le spécialiste.
De son côté, le président de l’Ordre national des médecins, le Dr Mohamed Bekkat Berkani, a déclaré que cette situation était prévisible. «A la faveur de plusieurs facteurs, la situation épidémiologique qui a connu une accalmie durant des mois, risque de se dégrader dans les prochaines semaines. L’apparition de nouveaux variants du Sars-CoV-2 plus virulents et se diffusant rapidement est un élément à prendre en compte. Le retard accusé dans la campagne de vaccination, voire la stagnation ont accentué la persistance de la pandémie dont les indicateurs sont au rouge», a-t-il commenté, soulignant que les pouvoirs publics n’ont pas saisi cette période de stabilisation pour accélérer la vaccination et maintenir ainsi la régression de l’épidémie.
L’urgence d’une campagne offensive
Le praticien a également imputé la dégradation de la situation épidémiologique au relâchement des citoyens concernant l’application des mesures préventives. «Certaines personnes sont convaincues que l’Algérie a vaincu la pandémie. Ceci est dû au manque d’information et au plan de communication mis en place par les pouvoirs publics. Les médias doivent revoir leurs programmes d’information relatifs à la pandémie. Il est urgent de mener une campagne offensive pour sensibiliser le public aux dangers constants du coronavirus et surtout de ses variants», a-t-il ajouté.
S’agissant du séquençage, le Pr Djenouhat a mis en exergue les capacités limitées de notre pays en la matière. «L’Institut Pasteur ne peut à lui seul répondre à toutes les demandes, d’où la possibilité que les variants soient plus présents que ce que nous pensons», a-t-il reconnu.
Par contre, les deux praticiens ont averti sur la surcharge des services des soins intensifs. «Le souci majeur à prendre en considération reste le débordement des unités Covid-19 et l’insuffisance des lits et des équipements. Notre hantise dans ce cas de figure est la saturation des établissements de santé», a averti le Pr Djenouhat.
Enfin, le Dr Bekkat Berkani a insisté sur l’accélération de la campagne de vaccination et la révision du plan de communication via les médias et autres canaux d’information.
Karima Dehiles