Sétif : La sardine à 1.300 DA le kg, du jamais vu !

Au douzième jour du Ramadhan, la mercuriale des fruits et légumes n’a pas bougé. La sardine est affichée à 1.300 DA le kg. Du jamais vu à Sétif.

«Il fallait s’attendre à cette crise. La sardine a été  pêchée en grande quantité au moment de sa reproduction, entre janvier et mars. Faute de contrôle rigoureux, nous payons les pots cassés. Avec de tels prix, nous ne travaillons pas beaucoup. Nous avons un manque à gagner. Si cela continue ainsi, dans deux à trois ans, nous n’aurons plus de sardine le long de nos côtes», a déploré Amar, poissonnier de son état. Et d’ajouter : «Je n’ai jamais cédé la sardine  à ce prix-là. Au grand maximum, elle a atteint les 800 DA.»
Pour ce qui est des prix des fruits et légumes, la tendance est à la hausse pour certains produits, contrairement aux années précédentes, où une fois la frénésie des premiers jours passée, les prix retombent. Dans cette guerre des prix, détaillants et grossistes se rejettent la balle. «Nous n’avons rien à voir dans cette inflation. Il faut voir du côté des producteurs, des agriculteurs, des maraîchers, ce sont eux qui fixent les prix. Tout récemment, au début du Ramadhan, nous avons cédé la pomme de terre à 60 DA le kg, prix de gros. A la même période, elle a atteint les 100 à 120 DA/kg, au marché de gros de Boufarik. Nos grossistes se sont approvisionnés de ce marché, bien avant
l’augmentation. En quelques jours, une hausse inappropriée et inexpliquée. Vu son prix excessif, les détaillants l’ont cédé 60 DA», a confié à Horizons le responsable du bureau local de l’Union générale des commençants et artisans algériens, Amor Moussaoui. Ainsi, exceptionnellement, les commerçants des fruits et légumes, notamment du marché de la cité 1.014-logements, l’un des plus importants de la wilaya, ont réduit leurs marges bénéficiaires. «Lorsque les produits sont trop chers, nous ne vendons pas beaucoup. Nous avons réduit notre marge bénéficiaire et nous devons faire face aussi à la concurrence.  Ce sont les grossistes qui sont à l’origine du problème des prix», accusent la plupart des commerçants interrogés. Certains produits ont connu des hausses depuis l’avènement du Ramadhan. A l’exemple de la tomate cédée à 140 DA, la pomme de terre à 80 DA, la salade à 140 DA, les artichauts à 140 DA, le citron à 250 DA. «La demande dépasse l’offre. Pour la pomme de terre, seule la production de Mostaganem est sur le marché depuis le mois de mars. Elle ne peut, à elle seule, subvenir à toutes les demandes. La wilaya de Sétif a besoin quotidiennement de 100 tonnes de pomme de terre», explique le responsable de l’UGCAA. Les récoltes de Mascara et Aïn Defla ne seront prêtes qu’en juin. Pour revenir aux fruits, ils sont hors de prix. La fraise est cédée à 380 DA, la banane à 280 DA, la pastèque à 180 DA et la pomme à 450 DA. La récolte de pomme dans la wilaya de Batna, grande productrice, a été compromise et détruite à 70 % par la grêle.
Azzedine Tiouri