Tlemcen, ville d’art et d’histoire

Sur les ondes de la radio, on a beaucoup parlé, ces derniers jours, de Tlemcen, la perle du Maghreb, la ville d’art et d’histoire à la réputation bien établie. Surtout cité d’architecture l’on ne peut marcher une vingtaine de mètres sans trouver une mosquée ou un mausolée. Elle  compte plus de 70% du patrimoine architectural musulman dans notre pays. Au centre-ville, en plus de la grande mosquée édifiée par Youssef Ibn Tachfine, le fondateur de la dynastie almoravide vers 1102, on peut voir à une centaine de mètres celle de Sidi Belhassen Ettensi, célèbre jurisconsulte. Les mosquées de Tlemcen ont un charme. Même dans les récents quartiers, on ne trouve pas de bâtisses sans grâce qui ont défiguré tant de cités. Chacune est reliée à l’itinéraire ou au parcours d’un savant. C’est le cas de celle de Sidi El Halaoui (1266-1306), andalou et précepteur de deux princes Zianides et dont un chambellan jaloux provoqua la décapitation. Ibn Msaieb, le poète en tira une complainte très  connue des amoureux de l’andalou. L’émission «Diwan» de la Chaîne 3 qui est un voyage musical à travers le pays diffusée, peu avant le f’tour, a marqué une halte pour évoquer l’histoire du Hawzi, ses grands noms, ses textes chantés et pour certaines comme celui sur «Mouni» une chrétienne mariée, dit-on à Tlemcen. C’est un universitaire-chercheur qui est intervenu pour évoquer, l’évolution du genre intimement lié à l’histoire de l’Andalousie et à la  proximité de Fés autre cité qui a joué un grand rôle dans l’histoire. L’une était la capitale des Mérinides et Tlemcen celle des Zianides. Joignant l’utile à l’agréable, tout s’est terminé par une succession de chansons de Hadj El Ghafour qui avec Bensari, Dali est considéré comme un des maîtres du genre. Bonne mention pour l’émission qui, samedi dernier a présenté la musique de Bechar avec un membre de la troupe Ferda qui a repris ses grands succès comme «Nefssi»  ou « Krim el Kourama». Sur la radio locale d’Adrar, c’est le professeur Mohamed Djerradi qui a évoqué Tlemcen d’un point de vue historique. Le fil rouge est une présentation du savant «El Maqari» connu et vénéré dans le Touat, mais qui, comme beaucoup d’autres, a vécu et étudié à Tlemcen. La tombe de Sidi  Boumediène considéré comme un maître de la mystique s’insère dans un vaste ensemble qui compte une mosquée d’un caractère grandiose et d’un goût raffiné où étudièrent Ibn Merzouket Ibn Khaldoun. Il est revenu sur l’importance de l’axe Tlemcen, Touat et Tombouctou, itinéraire de diffusion du rite malékite.
H. Rachid