Constantine : Le marché toujours cher

 

D’habitude le marché se stabilise au terme de la première semaine du Ramadhan. Il n’en est rien. La mercuriale poursuit sa flambée en roue libre au grand dam des consommateurs.

Les prix des produits de large consommation sont toujours en hausse dans les divers marchés de Constantine. Les assurances émises par les responsables du commerce sur une baisse sensible des prix au terme de la première semaine n’ont pas été suivis sur le terrain. Les marchés de proximité n’y ont pas échappé non plus.
Légumes et viandes blanches restent intouchables à quelques exceptions dans certains étalages informels implantés à la sortie des banlieues.
L’équation de l’offre et de la demande n’a pas résisté à la réalité de la spéculation qui dicte sa loi. Certaines associations des consommateurs ont appelé à boycotter les produits jugés hors de prix. Une solution qui n’a pas vraiment donné ses fruits. D’habitude, le marché se stabilise au terme de la première semaine du Ramadhan. Il n’en est rien. La mercuriale poursuit sa flambée en roue libre au grand dam des consommateurs. Et faisant fi des prévisions émises par la tutelle quant à cette théorie. Pour apporter une bouffée d’oxygène aux bourses vulnérables et du coup casser un tant soit peu la chaîne de spéculation, la direction du commerce en collaboration avec les présidents des APC ont tablé sur la création de 25 marchés de proximité à travers la wilaya. Seuls 25 sont opérationnels, a indiqué le chef de service de la protection du consommateur et de la répression de la fraude auprès de la direction locale du commerce, Abdelghani Bounaâs. «Ces espaces proposent des ventes promotionnelles et des prix compétitifs et attractifs», a-t-il ajouté, affirmant que le contrôle de ces espaces est assuré quotidiennement par les brigades mixtes de la DCP veillant à la pratique de prix et le respect de la chaîne de conservation et d’hygiène. Les points les plus sollicités restent focalisés au chef-lieu au niveau du siège de l’UGTA, à la nouvelle ville Ali-Mendjeli et dans la daïra d’Aïn Abid. «Pour tout dépassement, les consommateurs sont invités à faire part de leurs doléances via le numéro vert 1020», a fait savoir le responsable. Ces marchés de proximité restent pour le moins peu fréquentés car les citoyens jugent encore que les coûts appliqués s’apparentent à des tarifs usités dans les autres aires commerciales. «Je préfère m’approvisionner dans les étalages extra muros où l’on sent du moins quelques ristournes», nous confie un père de famille, jugeant que les marchés de proximité ne répondent pas vraiment à la demande des consommateurs. «C’est un fourre-tout mais l’essentiel reste à chercher : des prix raisonnables», a-t-il renchéri. Dans cette spirale infernale des gestionnaires versés dans la protection du consommateur, «nous appelons à une révision des mécanismes régulant le marché loin de cette ritournelle équation de libre commerce». Sur un autre chapitre, les brigades de la DCP ont été fort demandées depuis le début du mois sacré. Au volet de la répression des fraudes, pas moins de 1.491 interventions ont été menées dans les multiples commerces de la wilaya. Des sorties sanctionnées par 158 contraventions et 154 PV. De plus, les services de contrôle ont effectué 68 analyses des produits de consommation. Il a été procédé à la saisie de 7,81 tonnes de produits de la période allant du 13 au 22 avril représentant une valeur de 3.267.75 DA. La DCP a proposé six fermetures administratives pour non-respect des règles commerciales. Au cours de la même période, concernant les pratiques commerciales, 1.695 interventions y ont été menées avec l’établissement de 162 procès-verbaux assortis de poursuites judiciaires. Le défaut de facturation a atteint les 1.10400.770.56 DA. Le gain illicite s’élève à 70.500 DA.
Nasser Hannachi