OMS : L’Algérie certifiée exempte de paludisme

Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Abderrahmane Benbouzid, a déclaré, ce dimanche à Alger, que l’Algérie a été certifiée exempte de paludisme en 2019 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour la 5e année consécutive.

«La lutte contre le paludisme a été et restera une priorité de la politique nationale de santé. De grands progrès y ont été accomplis», se félicite le ministre. L’obtention d’un certificat OMS est, poursuit-il, un «atout supplémentaire» pour renforcer les actions de surveillance et de prévention, dans l’intérêt de la gestion et de la fourniture de services de santé à tous les niveaux. Il cite la mise en œuvre du plan national de prévention de la repropagation du paludisme 2019-2020, qui vise à maintenir l’Algérie à l’abri de la maladie. «Nous avons tracé trois objectifs stratégiques pour ce plan. Il s’agit de maintenir une stratégie de vigilance efficace qui permet de traiter immédiatement tout cas de paludisme importé, de mettre en œuvre des interventions spécifiques pour prévenir et contrôler le paludisme de manière intégrée avec le système de santé national et de renforcer la capacité du système d’évaluation et de gestion des risques de propagation du paludisme», précise-t-il. Au sujet de la pandémie de la Covid-19, il dira qu’elle a perturbé les services de santé et menacé les progrès réalisés au cours des 20 dernières années en matière de santé et de développement. Le ministre estime que la célébration de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme vise à confirmer le succès et les progrès réalisés dans la lutte contre cette maladie, en plus de la sensibilisation et du rappel de l’importance de la surveillance et de la vigilance, en particulier dans le contexte actuel de pandémie de la Covid-19, qui ne devrait pas affecter l’évolution réalisée dans le domaine jusque-là.
2.726 cas de paludisme importés en 2020
Par ailleurs, le ministre Benbouzid dévoile que «l’Algérie a enregistré 2.726 cas de paludisme importés confirmés en 2020». «Un nombre record par rapport à la moyenne des cinq dernières années qui est de 700 cas», a-t-il ajouté, avant de rappeler la nécessité de maintenir la vigilance par le renforcement des mesures de prévention, de surveillance épidémiologique et entomologique, d’alerte et de riposte immédiate et efficace.  Pour le ministre, l’Algérie a atteint un objectif majeur à travers l’interruption de la transmission locale du paludisme.
Ainsi, les efforts déployés pour la réduction de la charge de morbidité et l’élimination du paludisme sont vont dans le sens de la plupart des Objectifs de développement durable (ODD) et sont au cœur de l’objectif 3 des ODD, à savoir permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous à tout âge, et de sa cible 3.3 qui est de «mettre fin d’ici à 2030 aux épidémies de sida, de tuberculose, de paludisme et de maladies tropicales négligées et lutter contre l’hépatite, les maladies d’origine hydrique et d’autres maladies transmissibles». De son côté, Djamila Hammadi, médecin spécialiste en parasitologie et responsable du service de référence national de paludisme à l’Institut national de santé publique (INSP), a confié que notre pays a déploré, en 2020, plus de 2.725 cas et causé 3 décès. 90% des cas sont observés dans le sud du pays, et les wilayas les plus touchées par cette pathologie sont Tamanrasset avec 83,7% des cas détectés, Adrar (10,4%), Illizi (6,7%) et Ghardaïa (1,4%).
Samira Sidhoum