Création d’entreprises d’influenceurs sur les réseaux sociaux : Un moyen pour booster les écosystèmes

L’Agence nationale d’appui et de développement de l’entrepreneuriat (ANADE) a annoncé, récemment, son intention de soutenir et d’accompagner les jeunes désirant créer leur propre entreprise d’influenceurs sur les réseaux sociaux. Un marché qui est en train de monter en puissance au niveau international.

«L’explosion de l’utilisation des réseaux sociaux a favorisé l’émergence des influenceurs ou ce qu’on appelle les stars du web. Ce sont des bloggeurs, des youtubeurs, des instagrameurs…des gens qui partagent des informations, des données, des photos, des vidéos sur des sujets précis dans différents domaines et gèrent des communautés entières les suivant au quotidien. Ils sont artistes, étudiants et même  adolescents», explique l’expert en technologies de l’information et de la communication et chef d’entreprise, Hichem Boulahbel. En clair, il s’agit d’une personne qui suit de près un produit dans un domaine précis et partage ses bienfaits, notamment avec d’autres personnes. «Sur le plan économique, ce genre de pratiques boostent la création d’écosystèmes dans différentes secteurs. Exemple : une personne qui se passionne pour la production des dattes et partage toutes les informations qu’elle récolte sur le marché, les variétés, les marques, est un influenceur. Quand elle est suivie par des milliers de personnes, les producteurs prennent contact avec lui pour qu’il fasse la promotion de leurs produits en échange d’une contrepartie financière et c’est ainsi qu’un influenceur devient un métier à part entière», révèle-t-il. De ce fait, si l’influenceur est un  youtubeur par exemple, et si le nombre de ses abonnés dépasse les 1.000, il est rémunéré par la chaîne Youtube. Les influenceurs peuvent travailler à titre individuel ou bien faire partie d’une agence ou d’une entreprise dont le rôle est de négocier des marchés au profit de marques ou de simples producteurs. «Dans ce marché, il n’y a pas de notions géographiques. De l’Algérie, un influenceur peut être suivi partout dans le monde. Ce qui contribue à faire connaître nos produits à l’international. En fait, des influenceurs existent déjà en Algérie. Oum Walid, par exemple, est classée première avec ses près de 9 millions d’abonnés qui la suivent. L’idéal, c’est d’orienter nos influenceurs vers les secteurs d’activité les plus porteurs sur le plan économique», soutient-il.
Promouvoir les marques et gonfler les chiffres d’affaires
La création d’entreprises d’influenceurs n’exige pas de très grandes compétences, d’après lui. «Le plus important, ce sont les influenceurs. Ce sont eux la pierre angulaire. Leur succès dépend de leur capacité à attirer l’attention des internautes ou ce qu’on appelle les followers, de les inciter à les suivre au quotidien et de réussir à influencer ces derniers dans leurs habitudes de consommation dans un but marketing», dit-il. Nos entreprises, grandes ou PME, ont tout intérêt à collaborer ave les agences d’influenceurs pour promouvoir leurs marques et gonfler leur chiffre d’affaires, dans différents domaines, notamment la téléphonie mobile et l’agroalimentaire. «Dans la téléphonie mobile, par exemple, Condor offre les téléphones les plus récents aux influenceurs pour que ces derniers en parlent avec leurs followers. Ainsi, cette société fait la promotion de ses produits à moindres frais et sur une plus large échelle», dit-il.
Les influenceurs tirent un profit financier d’une manière ou d’une autre et par cette action de soutien et d’aide, à travers l’ANADE, l’Etat espère canaliser ces compétences. «Quand on cherche à doter les influenceurs d’un registre du commerce et d’un numéro fiscal, cela signifie que l’Etat cherche à faire connaître ce marché et le faire basculer dans le formel. Aujourd’hui, en Algérie, il y a des milliers d’influenceurs qui font la promotion de produits sur le net. Dans ma société, il y a des influenceurs, par exemple, qui font la promotion du cloud», relève-t-il.
A propos de cloud, il déplore que les autorisations relatives à ce service soient gelées actuellement par l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications. «Cela fait plus de quatre ans qu’on attend la délivrance des autorisations relatives aux cloud, et voilà qu’on nous apprend qu’elles sont gelées. D’après cette autorité, de nouveaux cahiers des charges sont en cours de préparation pour rompre avec les anciennes pratiques de monopole», confie-t-il.
Farida Belkhiri