Haro sur le mosquito !

L’Algérie a été certifiée par l’OMS exempte de paludisme nous rappelle le ministre de la Santé. C’est une performance à saluer, certes, mais le citoyen aimerait aussi dans la foulée que le ministre de l’Environnement nous annonce que l’Algérie est également en voie d’être exempte de moustiques! C’est le moustique qui véhicule le parasite provoquant cette pathologie. La prolifération de cet insecte, indicateur biologique de la qualité de notre environnement, doit être source d’inquiétude pour les autorités sanitaires en raison de la multitude de maladies qu’il transmet, au-delà des désagréments nocturnes perpétuels qu’il fait subir à sa victime humaine. Pis, le moustique tigre a fait son apparition depuis plusieurs années déjà et est en passe de conquérir tout le pays. L’Algérie ne serait pas gagnant si le paludisme est remplacé par le chikungunya ou le virus du Nil occidental. En ces temps d’émergence (et de réémergence) de nouveaux virus, favorisée par le bouleversement des écosystèmes, toutes les précautions sont bonnes à prendre, dont la préservation de l’environnement et sa restauration s’il y a lieu.
La vie en rose n’a duré que le temps d’un rêve pour les Blidéennes. La start up qui a lancé un service taxi dédié exclusivement aux femmes, pour favoriser leur mobilité, a été sommée d’arrêter son activité pour une ténébreuse histoire administrative dont seule la bureaucratie nationale a le secret. Pourtant, le marché a répondu positivement à l’initiative. Encore des emplois gâchés, une perte sèche pour les impôts et pis, de jeunes entrepreneurs qui risquent dorénavant de ne plus rien entreprendre…d’utile.
Pendant ce temps, une autre faune prospère à l’ombre de règles qu’elle impose au marché. Profitant d’un approvisionnement déficient en huile de table, certains commerçants remettent au goût du jour une vieille recette pour accroître leurs recettes, celle de la vente concomitante, que l’on croyait avec soulagement disparue, effacée de la panoplie des pratiques commerciales. Les mauvaises habitudes ne s’oublient pas facilement, malheureusement, y compris au niveau de cette administration si tatillonne quand elle le décide, même pour de mauvaises raisons, et si laxiste quand il s’agit de sévir pour de bonnes raisons, la vente concomitante étant interdite par la loi, s’il est utile de le lui rappeler. Encore un classement fumeux, réalisé sur la base de projections du FMI, qui relègue l’Algérie à la 5e place des pays les plus riches du continent africain. Selon ce classement, le Nigeria, en tête, doublerait presque son PIB d’ici 2026, de même que l’Egypte, tandis que l’Afrique du Sud réaliserait d’honorables résultats. Propulsé au quatrième rang, le Maroc ferait également mieux que l’Algérie en accroissant de presque une quarantaine de milliards son PIB alors qu’il part déjà avec un montant (124 milliards de dollars en 2021) inférieur à celui de son rival maghrébin (151 milliards de dollars). Mais passons sur cette caresse au pays du hash et du cash sous la table aux fonctionnaires du chiffre et de la statistique. L’Algérie quant à elle, durant le prochain quinquennat, n’ajouterait qu’à peine 2 misérables milliards de dollars à son PIB. Bien sûr cette étude cite un tas d’arguments justifiant le dynamisme de ces pays, contrairement à l’Algérie qui est décrite comme paralytique. On serait tenté de répondre par l’humour et dire que sans rien faire de ses dix doigts pendant cinq ans l’Algérie sera encore classé au cinquième rang des pays les plus riches d’Afrique! Qu’en sera-t-il alors si l’Algérie décidait de faire plus que démentir ces pronostics douteux?
O M.