«Zanket Laârab» à Boufarik : Un marché, une histoire

 

Le marché du quartier «Zanket Laârab» situé au cœur de Boufarik, date de l’époque coloniale. On s’y rend pour faire ses emplettes ou s’attabler à la  terrasse de la plus ancienne cafétéria de la ville.

La rue animée qui porte le nom de Mohamed Cherchali était alors fréquentée par les Algériens qui venaient s’approvisionner, mais après l’indépendance, des paysans ont commencé à vendre toutes sortes de produits maraîchers. Les bas prix ont fini par attirer surtout les habitants des communes limitrophes et rurales. L’attraction était, se rappellent les anciens, les poissonniers qui   proposaient des produits frais et  variés. La vente de la sardine à la criée commençait très tôt et au delà de midi il était interdit d’écouler celle-ci.
Autres temps, autres mœurs. Les poissonniers ont disparu et sont remplacés par des dizaines de marchands de fruits et légumes, pour la plupart des jeunes qui se disputent la moindre place. La majorité des magasins de chaussures, de vêtements  ont fini par baisser rideau à cause du diktat des jeunes qui étalent leurs marchandises devant leurs portes. Durant le mois de Ramadhan, le marché est envahi par des personnes qui viennent de la majorité des wilayas du Centre pour acheter de la zlabia et du charbet. Toutefois, depuis quelques années, l’afflux a baissé à cause de la dégradation des lieux où il est difficile d’avancer à cause des charrettes et des petites camionnettes qui stationnent n’importe où et n’importe comment. L’anarchie est indescriptible dans un espace où pullulent  les narcotrafiquants. Les  services de sécurité sont  intervenus, à plusieurs reprises, mais sans grand succès. «Des jeunes que rien n’arrête imposent leur lois en occupant trottoirs et chaussée. Nous avons fait des oppositions et dénoncé cette anarchie qui a dégradé totalement notre cadre de vie. Le centre-ville est un grand souk à ciel ouvert à cause de la passivité des autorités locales», confie Fayçal  avec un mélange de colère et de tristesse. Il affirme avoir même saisi, par lettre, le président de la République. Selon lui, l’absence d’un marché, digne de nom à Boufarik depuis l’incendie et la destruction du marché couvert durant les évènements du 5 octobre 88 a aggravé la situation. Parmi les anciens vestiges du marché figure une douche publique considérée comme la plus ancienne de la wilaya de Blida. Ouverte durant les années 30 du dernier siècle, par  Mohamed Ouachehi, militant du PPA et ami de Messali El Hadj elle servait également de  lieu de réunions pour les militants et de cachette d’armes. Rachid, petit-fils du moudjahid Mohamed Échouf, continue d’assurer l’activité  tout en livrant bataille contre les «trabendistes» qui veulent s’installer devant l’entrée de son établissement.
M. Benkeddada