Tchad: Albert Pahimi Padacké nommé Premier ministre, le CMT refuse de négocier avec les rebelles

Le Conseil militaire de transition (CMT) mis en place, il y a une semaine, au Tchad a annoncé dimanche son refus de négocier avec les rebelles qui ont lancé il y a deux semaines une offensive contre le gouvernement et sont accusés d’avoir tué le chef de l’Etat, Idriss Déby Itno.

Elle a aussi appelé le Niger, pays frontalier du Tchad, à «coopérer «en vue de faciliter la capture (…) de ces criminels de guerre», dont leur chef, Mahamat Mahadi Ali, «responsables de la mort de plusieurs dizaines de soldats tchadiens», selon un communiqué lu à la télévision nationale par son porte-parole. «L’heure n’est ni à la médiation, ni à la négociation avec des hors-la-loi», a déclaré Azem Bermandoa Agouna.
«Les forces de défense et de sécurité (…) appuyées par l’armée de l’air, ont localisé l’ennemi éparpillé en petits groupes, en train de se regrouper en territoire nigérien» avec à leur tête leur chef Mahamat Mahadi Ali «recherché pour crimes de guerre par le procureur général de Tripoli et dont les avoirs sont gelés pour financement du terrorisme», a-t-il également affirmé.
Samedi, le chef rebelle du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (Fact), Mahamat Mahadi Ali, s’était dit disposé à un cessez-le-feu suite à une médiation lancée la veille entre les militaires et les rebelles par les présidents du Niger et de la Mauritanie, membres de l’organisation du G5 Sahel (Tchad, Mali, Mauritanie, Niger, Burkina Faso). Le président du Niger, Mohamed Bazoum, avait notamment appelé le chef rebelle ,Mahadi Ali, selon un conseiller du chef d’Etat. «Nous avons répondu positivement à la médiation du Niger et de la Mauritanie (et) avons affirmé notre disponibilité à observer une trêve, un cessez-le feu», avait affirmé samedi soir Mahadi Ali.   Mais au même moment, selon lui, ses troupes continuaient de se faire bombarder par l’armée tchadienne. L’armée tchadienne a accusé dimanche des rebelles du Fact, et notamment leur chef, d’avoir fui sur le territoire nigérien.
 Le Fact, basé en Libye voisine du nord du Tchad, était passé par le Niger dans sa progression mi-avril vers la capitale N’Djamena dans le sud du pays, selon plusieurs sources concordantes.
   Les rebelles du Fact ont été stoppés la semaine dernière dans le Kanem par l’armée tchadienne, appuyée dans les airs par «des vols de reconnaissance et de surveillance» de l’armée française. 300 rebelles auraient été tués dans les  combats, selon  l’armée tchadienne. Au lendemain de ces combats, le porte-parole de l’armée annonçait  qu’Idriss Déby était mort des suites de blessures au front. Le fils du défunt Maréchal Déby, Mahamat Idriss Déby, général quatre étoiles à 37 ans et jusqu’alors commandant de la Garde républicaine, la garde prétorienne du régime, est depuis le nouvel homme fort du Tchad, entouré de 14  des plus fidèles généraux de son père. Il dispose des pleins pouvoirs, mais a promis de nouvelles institutions après des élections «libres et démocratiques» dans un an et demi.
Les principales associations syndicales au Tchad ont exigé «un retour à l’ordre constitutionnel» avec «la tenue d’un forum national inclusif regroupant toutes les couches sociopolitiques de la nation».
«Les forces vives entendent par dialogue inclusif l’implication et la  participation de tous les acteurs qu’ils aient ou non pris les armes pour conquérir le pouvoir», ont déclaré plusieurs associations de la société civile et partis politiques regroupés au sein du collectif «Wakit Tama».

 

Albert Pahimi Padacké nommé Premier ministre de la transition

Albert Pahimi Padacké, a été nommé, ce lundi, Premier ministre de la transition au Tchad, rapportent des médias tchadiens citant un décret. M. Padacké a été nommé Premier ministre, chef du gouvernement de transition, selon un décret signé par le président du Conseil militaire de transition (CMT), le général de Corps d’Armée, Mahamat Idriss Déby, qui occupe désormais les fonctions de Président de la République du Tchad.
Albert Pahimi Padacké, le président du Rassemblement national des
démocrates tchadiens (RNDT-Le Réveil), qui était le dernier Premier
ministre du défunt président Idriss Deby avant la suppression dudit poste
le retrouve trois ans plus tard. Il aura la charge de former le
gouvernement qui va gérer la période de transition ouverte après le décès
il y’a une semaine du président Deby, selon Tchadinfos.
Le CMT, en place après le décès de Deby, remettra le pouvoir à un
gouvernement civil après des élections libres et démocratiques dans un
délai de 18 mois, avait indiqué son vice-président le général Djimadoum
Tiraïna dans un message publié sur le site de la présidence.