Observatoire national de la société civile : Un levier de la démocratie participative

L’Observatoire a l’habilité de proposer la mise en place des mécanismes appropriés pour encourager le bénévolat, développer l’esprit d’appartenance, renforcer les capacités des individus à communiquer entre eux et favoriser l’émergence de travaux d’intérêt public.

 La volonté de faire de la société civile un partenaire stratégique dans la gestion des affaires publiques a été confirmée dans pas moins de six articles (10, 16, 53, 60, 205 et 213) de la Constitution de 2020. Celle-ci a pris place au rang des principes constitutionnels de l’Algérie et vient de conforter sa position avec la création de l’Observatoire national de la société civile. Considéré comme un organe consultatif placé auprès du président de la République, l’Observatoire jouit d’une totale indépendance financière. Les pouvoirs publics sont appelés à mettre à sa disposition toutes les ressources financières, humaines et matérielles nécessaires pour promouvoir le rôle de la société civile à différents niveaux. Il devrait, pour sa part, contribuer à faire la promotion des valeurs nationales, de la pratique démocratique et de la citoyenneté. Une approche qui passe nécessairement par le respect des lois en vigueur et une prise de conscience des devoirs et des droits que chaque citoyen a envers la société et l’espace public. Il peut, dans ce sillage, participer avec d’autres institutions à la réalisation des objectifs nationaux de développement et émettre des suggestions relatives au statut de la société civile, voire des recommandations pour le renforcement de son rôle dans la vie publique. L’Observatoire pourrait aussi relever, auprès des autorités compétentes, les dysfonctionnements qui entravent la participation effective de la société civile à la vie publique et étudier les moyens à mettre en place pour son implication dans divers programmes et activités au niveau national. Il s’agit de développer le sens du patriotisme à travers une meilleure participation de la société civile à l’élaboration et à la mise en œuvre des politiques publiques selon une approche démocratique participative. Mais pour évaluer les performances des différents  organismes et associations à la lumière des besoins de la société, ceux-ci doivent impérativement rendre plus visibles leurs activités et avoir des projets constructifs afin de rétablir leurs relations avec le citoyen et consolider leur crédibilité. A noter que sur plus de 4.000 demandes d’agrément, 2.635 associations ont été agréées en un mois à l’échelle nationale. Mieux encadré, ce mouvement peut constituer un contre-pouvoir nécessaire à l’émergence de nouvelles relations entre administration et société civile, loin des politiques partisanes. L’Observatoire a, dans ce contexte, l’habilité de proposer la mise en place des mécanismes appropriés pour encourager le bénévolat, développer l’esprit d’appartenance, renforcer les capacités des individus à communiquer entre eux et favoriser l’émergence de travaux d’intérêt public. Il s’agit, en somme, de  soutenir et d’entretenir les diverses activités de la société civile sur le terrain, d’autant plus que celle-ci renferme en son sein un gisement de compétences et de cadres intègres et engagés. Selon Nazih Berramadane, le conseiller du président de la République en charge du mouvement associatif et de la communauté nationale à l’étranger, «l’Observatoire national de la société civile se concentrera sur l’accompagnement, le suivi et la préparation de rapports annuels pour le président de la République sur le mouvement associatif». Ce rapport portera sur les résultats des activités associatives et l’évaluation de la situation de la société civile. Il faut savoir que les membres de cette instance qui seront bientôt installés bénéficient de la protection de l’Etat contre toutes pressions, menaces, insultes, calomnies ou attaques de toute nature lors de l’exercice de leur activité. Ils seront «de véritables partenaires des institutions de l’Etat», selon Berramdane pour qui «la société civile est en mesure de participer au développement social et économique et la consolidation du front national». Le statut d’appartenance à l’Observatoire disparaît, toutefois, avec l’exercice d’un poste dans les instances dirigeantes d’un parti politique ou d’un poste gouvernemental, ou de l’appartenance à des instances élues.
Assia Boucetta