Brahim Guendouzi, économiste: «Relancer au plus vite les investissements pour un retour à la croissance»

 Dans cet entretien, l’expert en économie et enseignant à l’Université de Tizi Ouzou, Brahim Guendouzi, soutient la nécessité de relancer les investissements pour pouvoir tirer la croissance vers le haut.  Faute de quoi, les conséquences ne feront que s’aggraver, précisant que le cycle inflationniste commence à se manifester. L’expert insiste également sur la confiance à redonner aux investisseurs.

L’investissement est quasiment à l’arrêt. Quel est l’impact sur l’économie nationale d’une manière générale et sur l’emploi en particulier ?
 En 2020, l’économie algérienne a subi une baisse importante de l’activité productive à cause de la pandémie, l’amenant à rentrer rapidement en récession. L’absence d’investissements risque d’aggraver encore la situation et se répercuter sur l’emploi, les revenus, la consommation, etc. Aussi, le cycle inflationniste commence à se manifester puisque entre temps, la masse monétaire a augmenté de 7% alors que le PIB s’est contracté de -6,5% en 2020. Aussi, la relance en urgence des investissements est la condition sine qua non pour un retour à la croissance économique pour 2021.
Qu’est ce qui entrave justement l’investissement ?
Tout d’abord, il faut redonner confiance aux investisseurs et par la levée des obstacles à l’acte d’investir. Les pouvoirs publics connaissent les principales contraintes rencontrées qui portent sur le foncier industriel, le financement bancaire, le système fiscal, la disponibilité d’une main-d’œuvre spécialisée et surtout les comportements bureaucratiques de l’administration.
Quelles sont les mesures qui doivent être intégrées dans le cadre de la révision du code des investissements ?
La nouvelle loi sur l’investissement va redéfinir la nature des activités qui bénéficieront des avantages qu’accorde l’Etat aux investisseurs. Il s’agit également de préciser autant que faire se peut les missions des organismes publics d’accompagnement des investisseurs. La volonté de privilégier les start-up et les incubateurs dans le cadre de l’économie de la connaissance et d’encourager l’innovation sous toutes ses formes est clairement affichée. D’autres secteurs d’activité sont dans l’attente de nouvelles mesures d’incitation et d’accompagnement qui rendront l’investissement attractif.
Le ministre de l’Industrie a annoncé la création d’un office national du foncier industriel. Qu’en pensez-vous ?
Depuis quelques années, la question du foncier industriel est devenue un véritable casse-tête pour les investisseurs, mais aussi pour les pouvoirs publics. Il est temps de trouver une solution définitive, quelle que soit la forme juridique retenue. L’essentiel est que l’investisseur ne sera plus bloqué par l’absence d’une assiette foncière, ni de la viabilisation des zones d’activité. Il s’agit tout simplement de la régulation par l’Etat de l’acte d’investir.
Entretien réalisé par Wassila Ould Hamouda