Zones industrielles : La Cipa plaide pour une gestion privée

 Pour la Cipa, il est impératif de laisser l’acte de gestion de ces aires au privé. Les zones industrielles doivent être créées certes par l’Etat, mais elles doivent être cogérées avec les locataires de la zone industrielle. En plus, l’aménagement des zones doit se faire en fonction de leurs besoins.

La Confédération des industriels et producteurs algériens (Cipa) approuve l’idée de création d’un office national du foncier industriel, soulignant qu’il va résoudre les problèmes récurrents auxquels font face aujourd’hui les opérateurs économiques. Son président, Abdelwaheb Ziani, a indiqué que la Cipa a déjà introduit une proposition dans ce sens et a tout le temps appelé à revoir la gestion des zones industrielles existantes.
«Nous ne pouvons que saluer cette initiative d’autant qu’elle vient en réponse à notre attente», a souligné Ziani, avant d’enchaîner que l’Office national du foncier industriel, proposé par le ministère de l’Industrie, devra non seulement établir une vision future des zones industrielles mais aussi mettre de l’ordre dans l’attribution du foncier en se basant sur des critères de transparence et de modernité. «Il faut aller vers des zones industrielles intelligentes et spécialisées selon les filières, et revoir le mode de gestion en impliquant les industriels avec un cahier des charges gagnant-gagnant», a-t-il ajouté. Pour la Cipa, il est impératif de laisser l’acte de gestion de ces aires au privé. «Les zones industrielles doivent être créées certes par l’Etat, mais elles doivent être cogérées avec les locataires de la zone industrielle. En plus, l’aménagement des zones doit se faire en fonction de leurs besoins. A quoi bon faire des trottoirs sachant que la densité des passants n’est pas importante, alors que nous avons besoin de parkings pour les travailleurs et visiteurs de la zone», argumente-t-il. De ce fait, Ziani réfute le modèle de gestion actuel. Les locataires sont soumis à une redevance à la société de gestion, alors qu’en contrepartie, les prestations laissent à désirer. En plus, la concession de l’Etat revient plus chère que la location, déplore le patronat, précisant que celle-ci oscille entre 500.000 et
1 millions DA l’hectare. «C’est énorme», commente-t-il. Selon lui, le règlement du problème du foncier doit être suivi par d’autres actions pour booster l’investissement, citant principalement la stabilité des lois, la lutte contre la bureaucratie et la facilitation de l’accès au financement.
Le plan de relance économique en stand-by
La Cipa est pour la mise en place d’un comité de suivi des projets d’investissement et la création d’un guichet unique qui regroupera toutes les institutions en relation avec l’investissement, y compris les banques. «Les banques devront contribuer au financement du projet. L’entreprise ne pourra pas le faire toute seule», a-t-il rappelé. En outre, il a plaidé pour la stabilité des lois en matière d’investissement. «Nous ne pouvons pas nous engager dans des partenariats avec des étrangers au risque de voir les lois changer», a insisté Ziani. La protection de la production nationale est une condition sine qua non pour cette organisation patronale. «A quoi servirait de réaliser des investissements dans une filière alors que l’importation est ouverte. La concurrence doit être de mise mais il est nécessaire également de souligner que les opérateurs à l’étranger sont soutenus par leurs banques alors que l’entreprise algérienne est livrée à elle-même», a-t-il précisé.
Concernant le plan de relance économique, Ziani a souligné que mis à part les ministères de l’Agriculture, des Finances et de l’Industrie, les autres se sont mis en stand-by. «Tout est remis à l’après-élections. Encore une fois, les politiciens sont en retard par rapport à l’économie», a-t-il déploré. Sur le dossier lait, Ziani a fait savoir que la balle est dans le camp du ministère de l’Agriculture, lequel, a-t-il précisé, devra œuvrer avec les ministères des Finances et du Commerce «pour trouver les solutions idoines afin de sauver la filière». La Cipa avait proposé dans ce cadre de revoir les marges bénéficiaires des unités de transformation, de réviser la réglementation du lait pasteurisé conditionné et de renforcer la politique d’intégration du lait cru avec une révision du système de subvention.
Wassila Ould Hamouda