Covid-19 : Les praticiens redoutent une 3e vague et préconisent d’accélérer la vaccination

Spécialistes et praticiens de la santé ne cachent pas leur inquiétude de voir une 3e vague survenir, après une baisse des cas de contamination et de décès liés au coronavirus.

 

Le Dr Mohamed Bekkat Berkani, membre du Comité scientifique de suivi de l’épidémie de la Covid-19, président du conseil national de l’Ordre des médecins, se veut, néanmoins, rassurant. «Nous n’en sommes pas encore là, mais les prémices d’une 3e vague, notamment la hausse des cas positifs, sont là», dit-il. «C’est une situation très inquiétante surtout avec les nouveaux variants», ajoute-t-il. Pour faire face, il préconise de relancer la campagne de vaccination, seul moyen d’atteindre l’immunité collective, appliquer les gestes barrières, particulièrement durant le Ramadhan où la promiscuité est importante dans les lieux publics, notamment les marchés.
Le Dr Berkani, qui plaide pour l’application rigoureuse de la loi, regrette «le retard pris dans la vaccination, pour des raisons qui restent à déterminer». Notre interlocuteur reconnaît, toutefois, les difficultés d’obtenir des vaccins. Chef de service des maladies infectieuses à l’EHS de Boufarik et président du Syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique (Snpssp), le Dr Mohamed Yousfi rappelle que la vaccination est «l’unique moyen de mettre fin ou de contrôler l’épidémie». «Il faut accélérer le rythme de vaccination, surtout avec la présence des nouveaux variants», proclame-t-il. Le Dr Yousfi affirme que la balle est dans le camp du ministère de la Santé dont il déplore «l’absence de communication sur la situation sanitaire». «Nous avons une chance que le ministère ne saisit pas, celle de vacciner dans un contexte très favorable. D’autres pays ont vacciné en situation de catastrophe avec des milliers de morts», a-t-il poursuivi. Le Pr Rachid Belhadj, chef de service de médecine légale et directeur des activités médicales et paramédicales au CHU Mustapha-Pacha (Alger), estime que «les signes avant-coureurs d’une 3e vague sont perceptibles». «Au CHU
Mustapha-Pacha, nous enregistrons une vingtaine de nouveaux cas et augmentation du nombre de décès. Nous commençons à ressentir une forte demande sur les lits de réanimation», confie-t-il  Aussi, il fait état de «l’épuisement du personnel médical et de l’apparition des variants».
 «Nous avons tiré la sonnette d’alarme sur la pression sur les lits de réanimation dans l’espoir d’un lancement effectif de la campagne de vaccination», indique-t-il. Selon lui, «le manque de vaccin ne concerne pas uniquement l’Algérie. Nous avons espoir d’entamer la campagne de vaccination, notamment du personnel médical dont le taux ne dépasse pas les 10%». Le professeur, qui n’hésite pas à parler d’échec, relève un relâchement de la population en matière de vigilance et appelle celle-ci à prendre conscience du danger de la situation sanitaire qui n’est pas encore maîtrisée.
 Samira Sidhoum