Dr Mohamed Melhag, chercheur en virologie : «Je me consacre entièrement à la recherche» 

Dans cet entretien le Dr Mohamed Melhag, chercheur en virologie soutient que son mode de vie ne change pas par rapport aux autres mois de l’année. Il se dit aussi révulsé par la fièvre consumériste qui s’empare de ses concitoyens les invitant à faire plutôt des économies et éviter le gaspillage sous toutes ses formes.  Le chercheur dit se tenir loin de ces préoccupations se consacrant notamment à son travail.

Jeûner en pleine crise de la Covid-19 a-t-il un impact sur vous ?
Non, sur le plan travail il n’y a pas de changement. La seule différence c’est que pour ces deux derniers mois de Ramadhan on ne peut pas faire la prière de Tarawih comme les années précédentes. J’essaie donc d’accomplir un maximum de prières à la maison. Je considère que la pratique religieuse est indissociable du jeûne.
Vos habitudes de consommation changent-elles durant ce mois ?  
Rien ne change pour moi, le mode de consommation est presque le même. Après rupture du jeûne par quelques dattes, je prends une soupe de légume, une salade et par la suite un petit dessert et c’est le menu des autres jours de l’année.  Le Ramadhan n’est pas un mois de la bouffe et de tous les excès, mais c’est une occasion de se rapprocher de Dieu. Je dirais que c’est un mois de nourriture spirituelle. Je regrette de voir certaines personnes penser uniquement au f’tour en achetant de tout et n’importe quoi. Au contraire durant ce mois il faut rompre avec toutes les mauvaises habitudes. Le phénomène du gaspillage durant cette période prend des proportions alarmantes, alors arrêtons de jeter notre argent et celui de l’Etat puisque ce fléau qui est devenu une culture chez nous coute des milliards au Trésor public.  Pourtant  les ménages sont censés faire des économies durant ce mois puisque le nombre de repas diminue. Je ne comprends pas les familles qui empruntent de l’argent pour le dépenser ensuite dans des choses inutiles.  L’Algérien n’est pas obligé d’acheter tout ce qui s’expose sur les étals.   Personnellement je fais des économies importantes durant le Ramadhan puisque je fais mes courses quotidiennement et je me contente de la liste des produits qu’il faut acheter.
Le jeûne vous rend-il impulsif ?
Mon comportement est toujours le même, voire un peu  plus calme. Mon travail n’est pas impacté par le jeûne et je pense que je suis plus productif puisque je me consacre entièrement à la recherche pas uniquement dans le domaine de la virologie, mais dans plusieurs autres spécialités. Je peux rester travailler 14 heures par jour.
Qu’est-ce que vous appréciez le plus durant le mois de Ramadhan ?
Le mois de Ramadhan ne se résume pas à l’abstinence alimentaire du lever au coucher du soleil, mais il faut apprécier son côté spirituel en se replongeant dans le Coran. J’apprécie aussi l’âme charitable et l’élan de solidarité des Algériens durant ce mois d’autant que  l’islam rappelle les bienfaits de la générosité envers ses proches et ses voisins.
Entretien réalisé par Samira Belabed