«Nirvana», d’Amine Zaoui : Voyage au cœur de l’histoire

 

 Paru aux éditions El Ikhtilaf (Alger) et Dhifaf au Liban, le dernier roman de Zaoui  évoque dans 294 pages  le parcours d’une famille qui habite le village d’«Arbouz» où l’arrière-grand-père Amusnaw Axel Arbouz a choisi de s’installer, fuyant la tyrannie des Ottomans qui ont mis à rude épreuve les siens qui croulaient sous le fardeau de l’impôt.

Après la capture de leurs enfants envoyés comme esclaves au palais de Topkapi, l’aïeul refusera  que sa sœur «Dihya» soit emprisonnée. Il est alors amené à commettre un crime, pour la libérer et vivre en fugitif avant de trouver refuge dans ce village chargé de traditions et de coutumes folkloriques. Zaoui évoque la vie des habitants d’Arbouz et d’Amizour en conciliant légende et réalité à travers le personnage principal «Anzar», petit-fils d’Amusnaw qui dans ses premières expériences de  jeune  atteint «le Nirvana» dans le monde des interdits (femmes, alcool,  hachich).
Dans un style narratif, le romancier s’est surpassé dans la reconstitution d’événements et des personnages abordant le moindre détail à travers diverses phases temporelles et de nombreux personnages dont les noms ont des connotations historiques. L’auteur fait prendre au lecteur le goût à l’excitation et au suspense que procure le déroulement des événements qui l’accrochent pour découvrir le sort de l’oncle «Slimane Ouinas», symbole de la révolution et de l’ouverture ou celui de «Farida Aït Othmane». Les éléments du patrimoine ayant un lien avec l’environnement local ont été employés. C’est le cas du rapport de la personnalité d’«Anzar» avec l’âne «Azmour» dont la tombe s’est transformée en un mausolée visité par les gens en quête de bénédictions, après que des ouïes-dires laissaient entendre que la tombe est celle du petit-fils du dernier imam et prêcheur de la mosquée de Cordoue avant sa chute. La grand-mère de la personnalité forte a même fait part de sa volonté d’y être enterrée, bien qu’elle sache que le lieu d’inhumation est celui de l’âne. Le texte évoque les animaux en vue de mettre en exergue leur place dans le monde rural  et leur rapport avec les phénomènes qui s’y déroulent.