Recrudescence des cas de Covid-19 : Les hôpitaux se préparent au pire

Après une nette accalmie observée en janvier et février derniers, la courbe des contaminations est repartie à la hausse, avoisinant les 200 cas et une dizaine de décès par jour.

Une situation qui a entraîné, selon les professionnels de la santé, une augmentation des cas admis dans les structures de prise en charge. Pour eux, la situation n’est pas encore alarmante, mais il faut se préparer à une éventuelle nouvelle vague. «Il y a quelques semaines, nous n’avons reçu aucun malade au niveau de notre service, mais depuis quelques jours, nous avons remarqué un flux important des malades présentant des symptômes», déclare le Pr Amar Tebaïbia, chef du service de médecine interne à l’l’EPH d’El Biar (Alger). Et d’ajouter, «pour l’instant, nos services ne sont pas encore saturés. La situation n’est pas alarmante mais elle est inquiétante», dit-il. Le Pr Tebaïbia estime que la mobilisation du personnel soignant est toujours de rigueur pour faire face à toutes les situations. Selon lui, les professionnels ont tiré la sonnette d’alarme avant que la courbe ne reparte à la hausse. Il soutient qu’il est temps que les autorités prennent les décisions nécessaires pour réduire les dégâts d’une éventuelle troisième vague. Le praticien estime que le nombre de lits doit être augmenté et qu’on doit pas se contenter des lits mobilisés durant les deux précédentes vagues. De son côté, le Pr Kamel Djenouhat,  président de la Société algérienne d’immunologie et chef de service du laboratoire central de l’EPH Rouiba, affirme que cette recrudescence était prévisible, notamment après la reprise des vols de rapatriement où les mesures de sécurité «n’ont pas été respectées puisque nous n’avons pas mis en isolation au moins pendant cinq jours ces personnes». «Les dernières études ont prouvé que les nouveaux variants sont plus dangereux. Le variant britannique entraîne 30% de mortalité par rapport au virus préexistant», ajoute-t-il. Ce qui inquiète les professionnels de la santé, c’est le variant nigérian puisque l’Algérie fait partie des pays ayant plus  de cas. Ce variant est deux fois plus mortel que le variant sud-africain.
Situation très inquiétante
Selon lui, la situation n’est pas encore alarmante, puisque les unités Covid n’ont pas encore affiché complet. «Il est vrai que pour l’instant, les lits réservés au Covid sont disponibles, mais nous devons anticiper toute éventuelle autre vague en remobilisant de nouveau les unités pour faire face à tout imprévu», dit-il avant d’ajouter que «notre crainte est de voir un grand nombre de malades nécessitant une admission au service réanimation, tout en sachant que nos capacités sont limitées et leur saturation peut arriver en peu de temps». Dans une interview accordée à la Chaîne III, le Dr Aït Yahia, chef de service unité Covid à l’hôpital de Douéra, affirme que son service affiche complet. Selon elle, le service d’isolement septique qui compte 11 lits est déjà saturé, il en est de même pour le service réanimation. Les indicateurs d’une troisième vague sont là. Faisons attention puisqu’elle sera plus virulente de par la rapidité de transmission et le nombre de décès. Il y a des familles entières qui sont contaminées. En plus des cas qui se présentent au niveau des structures publiques, il ne faut oublier ceux qui se soignent dans les structures privées.  Un autre indicateur qu’il faut prendre en compte et qui fait que la courbe est repartie à la hausse, est le nombre important du personnel soignant touché de nouveau. Enfin, le Pr Tebaïbia réitère son appel aux citoyens afin de respecter les mesures barrières, à savoir le port du masque et la distanciation physique. Pour lui, les autorités doivent être plus fermes par rapport au respect du protocole sanitaire à tous les niveaux.
Samira Belabed