Solidarité durant le Ramadhan : A fond avec les démunis

Quels que soient le contexte ou le prix à payer, la solidarité en faveur des nécessiteux demeure, chez nous, une doctrine profondément ancrée dans notre culture et la gestion des affaires publiques. Notamment en ce mois Ramadhan, où chacun fait ce qu’il peut pour apporter un tantinet de bonheur à celles et ceux qui ont besoin de nous, de nos gestes, petits ou grands.

 

Ainsi, l’Etat, par le truchement d’une panoplie d’organismes, le mouvement associatif, le patronat ou encore de simples citoyens sont engagés, depuis une quinzaine de jours, chacun à sa façon, dans ce qu’on peut communément appeler une vaste solidarité nationale et dont on ne peut qu’être fiers. Malgré les difficultés dans lesquelles se trouvent actuellement les entreprises nationales, en raison notamment de la crise sanitaire et de la fluctuation du marché des hydrocarbures, elles sont nombreuses à mettre les bouchées doubles pour être au rendez-vous du Ramadhan à travers des actions de solidarité, louables à plus d’un titre. Publiques ou privées, ces entreprises ont pu, tant bien que mal, prêter main forte aux couches les plus défavorisées. Si l’élan de solidarité est toujours là, le mode d’emploi semble avoir changé. Elles sont nombreuses à avoir opté pour l’octroi d’enveloppes financières à la place des couffins de denrées alimentaires, habituellement distribués en cette occasion. C’est le cas notamment de la compagnie nationale pétrolière. La Sonatrach  a perpétué cette année encore son habituel élan de solidarité. Et qui s’est distingué cette année par le versement d’un chèque bancaire de 470 millions de dinars. «La Sonatrach est  et restera toujours engagée pour apporter son soutien constant et durable à toutes les opérations de solidarité nationale. Pour ce mois sacré et conformément aux orientations des pouvoirs publics, la Sonatrach a versé un chèque de 420 millions de dinars et 50 millions ont été dégagés par sa filiale Naftal  au Trésor public. Nous avons opté pour une seule action qui sera gérée par les autorités publiques», a fait savoir Mounir Sakhri, directeur de la communication de l’entreprise.
Les entreprises au rendez-vous
Du côté des entreprises privées, cet élan de solidarité est aussi important. Des organisations patronales ont mobilisé leurs membres pour participer à cet effort collectif. La Confédération algérienne du patronat citoyen s’est mise de la partie. Son président, Sami Agli, a souligné que la Confédération a, contrairement aux années précédentes où les actions tournaient autour d’attribution des couffins de solidarité, opté, cette année, pour la contribution à des actions caritatives initiées par plusieurs associations. Pour ne citer que le cas de la wilaya de Boumerdès,  son président de bureau, Brahim Alloune, a indiqué qu’«une enveloppe de 20 millions DA a été mobilisée et versée dans le compte de la Direction de solidarité de la wilaya, conformément aux instructions du wali, et ce, pour l’attribution de 10.000 DA pour chaque famille nécessiteuse». «Il est du devoir du chef d’entreprise de participer à cette acte de citoyenneté, car il est avant tout un citoyen», a-t-il ajouté. La Confédération des industriels et des producteurs algériens (CIPA) collecte de l’argent tout au long de l’année pour venir en aide aux nécessiteux durant ce mois de pitié. Son président, Abdelwaheb Ziani, a, d’ailleurs, appelé les industriels à emboiter le pas à la CIPA pour pouvoir toucher le maximum de démunis. La Confédération nationale du patronat algérien s’inscrit pleinement dans cet esprit de partage, a souligné son président, Naït-Abdelaziz, soulignant que les entreprises membres, notamment celles qui sont dans l’agroalimentaire, ont été instruites à rester à l’écoute et à lancer des actions volontaristes.
Le Croissant-Rouge algérien accorde des aides pour plus de 300.000 familles
La présidente du Croissant-Rouge algérien (CRA) a indiqué à Horizons, hier à Alger, que plus de 300.000 familles ont bénéficié d’aides sous formes de kits alimentaires et de produits d’hygiène. «Notre action est permanente. Dès l’apparition de la pandémie en Chine, le CRA a pris des mesures préventives en renforçant notamment ses capacités humaines à travers la formation de nos bénévoles», affirme Saïda Benhabylès. Le CRA a, d’ailleurs, saisi la Fédération internationale des Croix et Croissant-Rouges pour déléguer des experts dans la gestion des catastrophes et pandémies afin  d’encadrer des formateurs. À leur tour, ces derniers ont organisé des rencontres régionales au profit des bénévoles avant que le CRA, face à l’extension de la maladie, ne décide d’élargir la formation au grand public. Sans grands moyens ni  subventions, il a lancé un appel à la solidarité qui a eu un retour positif, auquel ont répondu plusieurs partenaires. Sur le terrain, le CRA a renforcé ces activités durant le mois sacré. «Nous avons renforcé nos actions dans les zones déshéritées et d’ombre, les régions du Sud et  frontalières, les Hauts-Plateaux et les petits villages à travers les 58 wilayas », fait- elle savoir.  Mme Benhabylès a signalé qu’une caravane s’est ébranlée, lundi dernier, pour distribuer des aides au profit de 600 familles à El Borma (Ouargla), sur les frontières algéro-tunisiennes, à Boussemghoun (El Bayadh), à Aïn Defla, et dans de petits villages en Kabylie.
Concernant les restaurants Errahma, Benhabylès estime que le CRA qui ne dispose pas de budget pour ce genre d’opérations n’est pas contre cette «louable  initiative» même si, s’empresse-t-elle d’ajouter, «la priorité doit être accordée aux familles nécessiteuses». Néanmoins, elle regrette que l’on serve les repas chauds aux familles démunies. «C’est un comportement dégradant qui porte atteinte à la dignité de la personne», s’emporte-elle. Concernant l’Aïd El Fitr, le CRA prépare d’ores et déjà l’opération d’achat de vêtements pour les familles démunies. Saluant les efforts déployés par l’Etat en matière de solidarité, Mme Benhabylès rappelle que le «CRA plaide, depuis 2014, pour faire de la culture de solidarité un travail quotidien et à lutter contre la solidarité circonstancielle». Elle a également rendu hommage à l’ANP qui, «accompagne le CRA s’agissant de transport aérien lors de l’envoi des aides destinées aux wilaya du Sud ou à d’autres pays».
Wassila Ould Hamouda et Samira Sidhoum