Où sont passés les feuilletons historiques et religieux ? 

L’absence manifeste de films ou séries à caractère historique et religieux est déplorée par de nombreux téléspectateurs pour qui le genre marquait les soirées durant le mois de Ramadhan. Il rencontrait un vif succès car il prenait place dans une atmosphère de regain de la spiritualité. Le public est toujours avide de suivre des  productions qui évoquent de grands personnages ou des événements qui ont marqué l’histoire de l’Islam à travers les siècles. Les esprits furent marqués par «Errisala» mais aussi par la reconstitution de la vie d’Abu Horeira, Ibn Sina ou plus près de nous celle de Djamel Eddine Al Afghani. Sur les réseaux sociaux, le constat est largement partagé. Beaucoup regrettent la disparition sur les écrans des chaînes arabes d’un genre auquel chacun était habitué. De grandes stars du cinéma arabe, à l’instar de Mahmoud Yacine, Abdallah Ghaith, Ahmed Mezhar y tenaient de grands rôles. L’absence de ces feuilletons  suscite dans la foulée des interrogations. Le genre a-t-il cessé d’inspirer les réalisateurs et d’intéresser moins les  téléspectateurs ? Ces œuvres avaient pourtant l’avantage de valoriser l’identité religieuse et culturelle et de surtout lutter contre l’extrémisme en mettant en avant un Islam de lumière. Des spécialistes indiquent  que le coût élevé de  productions où il faut reconstituer des  décors d’époques lointaines a favorisé l’apparition de feuilletons «légers» et  plus rentables. Cependant, certaines œuvres, fait-on remarquer, sont autant sinon plus onéreuses et nécessitent de gros budgets. D’autres attribuent les raisons de l’absence de drames religieux et historiques pendant le Ramadhan à l’absence de grands acteurs qui maîtrisent les rôles historiques et religieux et de scénaristes spécialisés. La réalisation de ce genre d’œuvres nécessite enfin beaucoup de temps, de recherches. Ces  exigences ont peu à peu conduit à la négligence d’un cinéma dont la valeur pédagogique est incontestable.
Rym Harhoura